Archive pour 'Libre débat'

Réponse à M. Sadali *

Dans votre « réponse » du 8 juillet Monsieur Sadali, je crains que vous n’ayez mal compris ce que j’ai écrit et à quoi vous répondez.

En un premier temps, je ne m’inquiète pas du tout pour vous. Dans mon commentaire, je me contentais de préciser le contenu de mes propos afin d’éviter tout équivoque concernant mon écrit.

En un deuxième temps, je m’interroge sur l’insistance pour beaucoup, dont vous, de se référer à un parti quel qu’il soit quand d’un autre côté, on se déclare porteur de valeurs démocratiques. Selon ma compréhension des choses, la pratique démocratique, en particulier dans l’espace d’un forum, consiste précisément à s’exprimer à titre personnelle, sans revendication d’appartenance politique ou historique (restriction à ne pas appliquer aux histoires comme celles du cafetier de Tahar Hamadache. Ces histoires-là sont toujours les bienvenues).

J’ai donc le sentiment de dire exactement l’inverse de ce que vous avez compris.

1/ Je ne crois ni à des « droits de l’homme universels » tels que conçus par des pays qui élaborent des armes de destruction de plus en plus « performants », qui les commercialisent et s’en enrichissent ; ni à une application des mêmes standards dans n’importe quelles circonstances. C’est précisément cela que je contestais dans votre première contribution. 2/ Je ne crois pas qu’il faille ni qu’il soit judicieux, ni même possible de (je vous cite) : « travailler afin que l’écart politique existant entre les pays de la rive nord et ceux de la rive sud de la méditerranée soit comblé ». Je ne suis pas convaincue que la politique des pays de la rive nord soit un modèle même pour eux.  3/ Quant aux « acteurs indépendants des deux rives » (je vous cite encore), permettez que je reste sur la réserve. L’indépendance, c’est autre chose qu’une allégeance à un protocole ou un autre qui définit ce que doit être la « bonne » politique pour tous ; surtout pour les autres d’ailleurs.  4/ « On ne peut parler de démocratie si les droits de l’homme ne sont pas respectés. »  Vous êtes convaincu que l’on peut parler de démocratie et de respect des droits de l’homme en parlant de pays, du nord, qui ont organisés la dépendance économique et politique des pays dits pauvres, forcément du sud ? Vous êtes convaincu que ce qui se passe actuellement en Afrique n’est pas le résultat de quelque défaillance grave en matière de démocratie et de droits de l’homme ?  Vous manifestez là une foi de charbonnier, Monsieur, ce qui permet de légitimement se demander en quoi vous vous considérez indépendant.

Avec tout le respect que je dois à la personne que vous êtes, quelles que soient vos opinions, je vous prie de ne pas m’associer à vous par des formules qui peuvent tromper le lecteur sur mes propos. Exemple, votre : « … c’est là où je vous rejoint en disant que la démocratie s’arrache, elle ne s’octroi pas. » est pour le moins inapproprié. Vous ne pouvez simplement pas me « rejoindre » quand je dis exactement le contraire de ce que vous dites ! Voici ce que je dis précisément : « Quant à la démocratie, cela ne se donne ni ne s’acquiert ; cela se pratique. » Cette formulation, Monsieur, exclut tout recours à une quelconque forme de violence, contrairement à votre « s’arrache ». 

En définitive, Monsieur Sadali, tant d’écart entre ce que je dis et ce que vous comprenez pose un vrai problème d’intentions. Mon intention à moi en participant à ce forum est de communiquer en toute franchise.

S. Bari

* J’espère que cette polémique, même instructive, trouvera sa fin. El Mouhtarem

Réponse de Malek Sadali

Nous vous inquiétez pas pour les réactions déplacées à mon commentaire. C’est l’œuvre de gens qui ont tout fait pour empêcher le débat d’idées au FFS. Ils envoient leurs mercenaires pour m’empêcher de m’exprimer même en dehors des structures du part, mais ils n’y arriveront pas. Je vous averti que chez eux la critique sans chichi ni salamalek n’est pas tolérée. 

Je suis militant ayant des convictions profondes. Aujourd’hui, je considère qu’il est temps, comme vous le dites aux démocrates de tous bords, de faire la critique de notre fonctionnement. Dés les premiers commentaires en réaction au thème que j’ai abordé, mon constat est clair : il y a deux interventions intéressantes dont leurs auteurs ont exprimé des soucis légitimes à savoir: appliquer les mêmes standards pour tous les pays en ce qui concerne les droits de l’homme. Me concernant, j’ai toujours joint ma voix à celles des défenseurs de ce principe, car je considère que les droits de l’homme sont universels, et le concept est aussi important que son contenu. Les droits de l’homme sont quelque chose de fondamental. On ne peut parler de démocratie si les droits de l’homme ne sont pas respectés. En effet, quelque soit le pays où nous vivons, nous sommes avant tout des humains. A cet effet,  l’intégrité physique et morale des personnes doit être respectée. Pour arriver à réaliser cet objectif, nous devons travailler afin que l’écart politique existant entre les pays de la rive nord et ceux de la rive sud de la méditerranée soit comblé. Justement  c’est là où je vous rejoint en disant que la démocratie s’arrache, elle ne s’octroi pas. Nous ne pouvons pas construire une société démocratique si les citoyens ne participent pas ou ne s impliquent pas à la vie de la société. Or dans notre pays, le pouvoir en place depuis l’indépendance déploie de grands moyens pour museler la société civile et politique. L’état d’urgence et les lois régissant la lutte anti-terroriste ont accentué la pression sur les acteurs qui revendiquent le changement. L’objectif qu’on doit fixer à notre participation à ce genre de rencontres est de construire autour des acteurs transnationaux, en donnant la parole aux organismes politiques, aux acteurs du combat pour les droits de l’homme,aux militants associatifs et aux acteurs indépendants des deux rives. Je suis convaincu que si nous n’acceptons pas la transformation de nos modes de gouvernance, nous ne pouvons pas réussir dans notre mission. L’Europe ne doit pas être l’otage d’un choix imposé (genre de chantage) par les régimes dictatoriaux du sud : accepter la dictature ou livrer les pays aux islamistes. Pourtant, il existe une troisième voie, celle des droits de l’homme.

Malek Sadali,  ex-parlementaire du FFS.

ETRE SOI POUR QUI ?

Le commentaire découragé à la contribution au texte « Les barons de la drogue bloquent l’ouverture de la frontière avec le Maroc » m’inspire cette réflexion.

Si Dieu avait prévu de nous venir en aide sur demande, souhait ou nécessité, nous n’aurions peut-être pas dépassé le stade de la découverte du feu et nous partagerions encore les cavernes avec notre bétail. C’est en tombant et en se relevant SEUL que le jeune enfant prend conscience de son corps, de ses membres, de sa personne, des cailloux … et apprend à tenir en équilibre. Pour justifier et honorer la capacité d’intelligence dont il nous aura doté, il nous faudra continuer à nous débrouiller seuls (mais ensembble, c’est encore mieux).

Reste à savoir comment nous maintenir en équilibre ensemble quand, une fois grands, nous savons nous relever mais pas rester debout les uns avec les autres …

Il nous faudra bien un jour réapprendre à faire bon usage de notre super condition humaine et de notre capacité de conscience (spécifique à l’humain paraît-il). Or, que peut nous dire la conscience si ce n’est que nous n’avons pas d’autre choix que de nous en sortir ? La cellule animale la plus élémentaire est capable d’évoluer dans le temps et dans son fonctionnement pour se préserver, gageons que les humains puissent s’en montrer au moins autant capables.  

Peut-être nous faudra-t-il commencer par nous asseoir et nous remettre à ramper pour redécouvrir la nature véritable de notre corps (physique, moral, social, politique).  »Véritable » signifie que notre « corps » serait bien le nôtre, pas la reproduction d’un modèle déposé.

Mais les humains souffrent peut-être de cette particularité : pour s’en sortir, il leur faut d’abord y croire, ce qui les oblige à le VOULOIR. Il se trouve que la volonté est un élément du vivant difficile à remettre en marche quand il est en panne. Il faut donc réparer la panne en tout premier lieu (d’autres l’ont fait avant). Mais de quelle nature est cette panne ? Peut-être une défaillance du côté … moteur : on ne peut « fonctionner » que si l’on sait qui l’on est et à quoi on peut bien servir.

A ce sujet, les algériens ont-ils une conscience claire d’une communauté de destin dans leur environnement local, national, régional, méditerranéen, géopolitique et stratégique, environnemental, mondial ? En ont-ils une conscience partagée ? Ceux qui détiennent le pouvoir sont aussi des algériens …

Saïda Bari

Les barons de la drogue bloquent l’ouverture de la frontière avec le Maroc

oudj.jpgLe récent accord algéro-marocain sur le transit et l’échange d’électricité vient d’apporter deux réponses à la question de la fermeture des frontières terrestres.

La première est que le gouvernement algérien est favorable à la coopération et l’entraide économique avec le Maroc. La deuxième réponse est que l’électricité comme le gaz sont les seuls produits que les réseaux de contrebande ne peuvent s’accaparer. Ils sont donc autorisés à traverser légalement la frontière. Tout le reste des produits qui traversent illégalement la frontière (drogues, carburant, produits alimentaires, médicaments, …) sont gérés par des circuits de contrebande tombés au fil du temps sous le contrôle direct des généraux du système makhzénien du DRS. Le monopole de la contrebande leur rapporte des gains de plus d’un milliard de dollars par an uniquement pour le hachich. Ils ne veulent donc pas partager cette source de gain facile avec des réseaux concurrents que l’ouverture des frontières va faciliter.  C’est donc bien le monopole des véritables barons algériens du trafic de drogue qui bloque la décision d’ouverture malgré l’appel fraternel pressant et répété du gouvernement marocain.   

On savait tous que la contrebande frontalière était couverte par les corps constitués qui fermaient les yeux en échange de commissions plus ou moins grosses selon les grades. Mais depuis la reddition en juillet 2006 du «baron» Ahmed Zendjabil, surnommé le «Pablo Escobar» algérien, on a apprit avec stupeur que ce n’était qu’un homme de paille. Alors que la frontière a été fermée en août 94 sur décision du DRS, Zendjabil a été remis en selle en 1997 pour organiser les réseaux de clientèle en Europe avant ceux du transit algérien. C’est l’ex-Chef de sûreté d’Oran qui a affirmé «avoir délivré un passeport à Zendjabil en 1997 sur ordre du DRS dont il était un indicateur» (El Watan du 23-10-2006).  

Auparavant, Zendjabil était connu de la police comme un acteur du fameux réseau Taïwan des véhicules volés en Europe et recyclés en Algérie avec de vraies-fausses cartes grises. Ce trafic de voitures Taïwan était en fait une idée diabolique du DRS pour compromettre les membres des corps constitués, des magistrats, des fonctionnaires… C’est une méthode connue des services secrets de salir le casier judiciaire pour décrédibiliser par anticipation des éléments jugés peu fiables selon les normes maffieuses du pouvoir. Habib Souaïdia, l’officier auteur du livre
La Sale Guerre, a été, comme certains de ses collègues du bataillon des forces spéciales de Lakhdaria, une des victimes de ce coup monté.   

Ahmed Zendjabil a causé un séisme à l’échelle des autorités algéro-marocaines en se rendant à la police de
Blida et en demandant à bénéficier de l’amnistie prévue par
la Charte de réconciliation nationale. Il a surtout déjoué le scénario de son élimination avec de grosses manchettes à la une des journaux.  

Aussitôt son arrestation rendue publique, la presse a vite pris la mesure de l’ampleur du scandale en croyant découvrir une nouvelle affaire Khalifa qui fera vendre les journaux. Elle a vite été rappelée à l’ordre pour oublier le nom de Zendjabil et tout ce qu’il représente.   

«Les officiers de police qui avaient déclenché des enquêtes sur la base de ses aveux ont été sommés de cesser toute investigation…. Un colonel du DRS, qui enquêtait sur le trafic de drogue à Oran avait été mis aux arrêts par le chef de la 2ème région militaire» (El Watan du 23-10-2006).  

Le général Kamel Abderrahmane, ex-directeur central de la sécurité de l’armée (DCSA) et commandant de la 2ème région, a été publiquement mis en cause par l’ex-wali d’Oran Bachir Frik au cours de l’audience de son procès qui l’a condamné à 8 ans de prison.   

Aujourd’hui, Zendjabil croupit dans l’isolement d’une prison secrète du DRS. Au même titre que Hassen Hatab ou Abderrezk El para, il détient des secrets sur l’implication directe du DRS comme commanditaire du terrorisme qui a ensanglanté le pays. Zendjabil a avoué que sur ordre de ses officiers traitants, il servait d’agent de liaison avec des groupes terroristes pour les financer et leur livrer armes et munitions transitant par le Maroc. Il leur dictait aussi des cibles à abattre ou à terroriser.   

Les relations de Zendjabil avec l’establishment marocain ne pouvaient qu’être couverte par la hiérarchie militaire algérienne du renseignement puisqu’elles remontaient jusqu’au général Hamidou Lâanigri, ex-DGSN marocain tombé en disgrâce depuis. L’arrestation de Zendjabil a aussitôt fait tomber le réseau de ses fournisseurs marocains. Notamment Cherif Benlouidene, alias Kharaz, qui connaissait tous les secrets de son client et ami. Sa chute a entraîné celles de ses complices hauts gradés dans la gendarmerie royale, la police et la douane. Le roi du Maroc ne transige pas avec ce genre d’organisation maffieuse qui peut se développer en contre-pouvoir puissant dans le style colombien.   

En Algérie, seuls quelques lampistes ont été arrêtés alors qu’ils avaient reçu des ordres et des commissions pour laisser Zendjabil utiliser à sa guise le port d’Oran sans que ses véhicules bourrés de drogue ne soient fouillés.  

Deux ans après l’arrestation de Zendjabi, on ne sait pas qui l’a remplacé pour servir de faire-valoir, mais on sait que le trafic de drogue n’a pas cessé et que le monopole a été renforcé par le durcissement des contraintes imposées aux petits concurrents. Des hauts gradés continuent de contrôler le trafic de drogue et laissent leurs subordonnés racketter les petits «hallabs» qui utilisent des mulets pour transporter toutes sortes de marchandises. Comme l’axe Oujda-Maghnia est plus encombré et surveillé, les contrebandiers descendent jusqu’à l’axe Figuig-Bechar.   

Pour satisfaire leur appât du gain facile, certains généraux n’ont aucun scrupule à sacrifier les populations frontalières. On ne sait pas ce que ça coûte du côté algérien. Personne ne s’est jamais intéressé à mesurer les conséquences de la fermeture des frontières. Mais la région est du Maroc, surnommée l’Oriental, souffre du mur algérien.  

A Oujda, le Chambre du Commerce a fait une étude sur l’apport du secteur informel de la contrebande hors trafic de drogue. Le chiffre d’affaires annuel a été estimé en 2004 à 6 milliard de dirhams (environ 500 millions $). Le nombre de personnes employées était de 6000, essentiellement des jeunes. Le «blocage» de 2 à 3 millions de touristes algériens enlève au Maroc un apport de 2 à 3 milliards de dollars par an. Ce blocage empêche aussi la création de plus de 1000 PME/PMI devant générer plus de 30.000 emplois uniquement dans la région d’Oujda. Alors qu’ils s’implantent partout au Maroc, les investisseurs étrangers, surtout français, évitent l’Oriental à cause de sa proximité avec l’Algérie assimilée à un horrible épouvantail.   

Depuis sa création en 994, Oujda la «cité martyre», comme la nomment les historiens, était le point de passage obligé des caravaniers. Les sultans de Fès et Tlemcen se la disputèrent. Elle symbolise aujourd’hui le martyre de la désunion des peuples du grand
Maghreb.
Oujda est condamnée à vivre avec les algériens. Elle a enfanté Bouteflika qui l’a oubliée et ne songe qu’à mourir au pouvoir à Alger, alors qu’il n’a jamais pensé à revenir dans sa ville natale avec l’habit et les honneurs de président.  

Oujda a aussi enfanté le clan d’Oujda qui a renversé le GPRA de Ferhat Abbas et Benyoucef Benkhedda pour prendre le pouvoir en 1962. C’est aussi à Oujda qu’a été formée la première promotion Larbi Ben M’Hidi des «marocains du MALG» qui ont structuré les services secrets algériens qui se sont transformés en Makhzen autour du DRS.   

En soutenant la nomination par le président Chadli de Mohamed Mediene, dit Toufik, à la tête du DRS en 1990, le général Larbi Belkheir a en fait placé un virus mortel dans le cerveau de l’ANP. Comme sous l’emprise d’un sida ou d’un cancer, l’ANP, est devenue comme l’Algérie, un grand corps malade incapable de se débarrasser de ses membres corrompus qui souillent son honneur, salissent ses nobles missions et la discréditent aux yeux de la population.  

Le Makhzen du DRS ne s’est pas contenté de nommer les présidents, les ministres, les ambassadeurs et les attachés militaires. Il a aussi placé des officiers du DRS à la tête des régions militaires. Cette totale anomalie organisationnelle a donné au DRS les pleins pouvoirs et soumis tous les autres officiers de l’ANP sous son autorité.   

Cette grave décadence du pouvoir totalitaire du DRS a engendré la démobilisation politique, la désobéissance civile, la désintégration sociale, la fuite des cerveaux, le phénomène des harragas, la faillite du secteur et du service public, la destruction du tissu économique frontalier, la spoliation de nos richesses, etc …  

La décadence du pouvoir algérien a considérablement affaibli l’Algérie et met dans la gêne ses voisins du Maghreb et du Sahel. Il devient de plus en plus urgent d’isoler le virus et de l’éradiquer.  

Par Saâd Lounès

Et le dossier de «la violence dans les banques» ?

lejour4.jpgLe retour de Ouyahia est présenté par la presse comme «salutaire» pour l’économie du pays. Les commentaires de nos «canards» vont finir par nous faire oublier que l’ex-nouveau futur Chef du Gouvernement n’a jamais exercé les fonctions de premier vizir, qu’il n’a jamais été utilisé à ce poste, qu’il n’a jamais été dégommé, qu’il n’a jamais été prié d’attendre sagement  dans une voie de garage, qu’il n’a jamais contribué à générer autant de misères auxquelles nous avons droit…

Parmi les travaux de notre «Hercule national», il y a «la violence dans les stades». La presse en a fait l’écho : «Ouyahia ouvre le dossier de la violence dans les stades». Croyez-le ou pas, en lisant ce «gros» titre, «Ouyahia ouvre le dossier…» Comme ça, comme un réflexe, une  réaction spontanée, une sorte d’anticipation, j’ai, dans mon subconscient, complété par «… Khalifa». Zut ! C’est raté ! Le dossier de l’ex-golden boy algérien ne figure pas parmi les priorités d’Ouyahia. L’affaire Khalifa, «le scandale du siècle» comme il se plaisait à le désigner, alors qu’il était à la tête de l’Exécutif, ne constitue-t-il pas une violence ? Et la violence dans les banques ?

En parcourant un certain «Courrier d’Algérie», je suis tombé sur un papier consacré au premier Conseil du Gouvernement sous «Ouyahia 3» qui me rassure et apporte une réponse à cette double interrogation.

«Le 5ème décret et non des moindres adopté par le conseil de gouvernement a trait aux attributions, composition et fonctionnement du comité national de coordination intersectorielle pour la prévention de la violence dans les «enceintes bancaires».

Pour venir à bout de ce fléau qui gangrène notre économie, la mise en place plus que nécessaire d’une stratégie nationale pour la prévention contre la violence dans les enceintes bancaires est prévue dans le décret. Un organe national à définir sera créé à cet effet et aura des annexes dans les 48 wilayas.

Cet organe ainsi que les annexes qui lui seront rattachées sont chargés de proposer les conditions de réussite des opérations bancaires, de se concerter avec les secteurs concernés entre autres le Ministre des Finances, la banque centrale d’Algérie, la banque extérieure d’Algérie, la Cour des comptes,  le Ministère de la Justice, les associations des actionnaires et des clients des agences bancaires et présenter des rapports périodiques et réguliers sur leurs activités.

De la bouche même de Boukerzaza, le chef du gouvernement lui-même a insisté sur l’urgence de l’installation de ces commissions pour prendre en charge ce mal qui ne cesse de prendre de l’ampleur mais également la nécessité d’associer la société civile et le monde politique dans cette démarche non sans mettre l’accent sur le respect de la loi. »

Au fait, si Ouyahia passe pour être  l’homme de la situation, pourquoi l’a-t-on remercié, l’avoir remplacé par celui qui reviendra un de ces quatre et l’avoir rappelé une 3e fois ? 

Par R.Z

Lettre ouverte à M. Sadali

Lettre ouverte à M. Sadali (citations suivies de commentaires) à partir du texte paru dans le forum « Les débats » d’Elmouhtarem « Les 4ème rencontre sur les droits de l’homme et la démocratie en Méditerranée », fin juin.

« Ces rencontres ont pour objet de constituer, à partir des fondations politiques actives dans la région méditerranéenne, un réseau consacré à la problématique des droits de l’homme et la démocratie, question d’une urgence absolue dans cette région, et source de nombreuses incompréhensions et crispations entre les deux rives. »

Je me demande si, avant d’aborder la problématique des droits de l’homme et (de ?) la démocratie dans la zone méditerranéenne, il ne faudrait pas commencer par résoudre les incompréhensions et les crispations dues à des différences de sensibilité incompressibles entre les partenaires consentants déjà.

Mon expérience de la pratique démocratique en France me rend sceptique : les échanges qualifiés de « démocratiques » semblent se résumer dans l’esprit des gens du nord à l’exposé de LEURS points de vue à eux. Sans commentaires de la part des autres de préférence.

Evidemment, sans informations plus précises sur la nature des crispations ou de la problématique en question, il est difficile de donner des arguments objectifs en illustration de mes propos. Je sais juste que, et je le regrette beaucoup, j’ai moi-même abandonné tout espoir de rencontrer des démocrates véritables et ai cessé toute activité associative pour cette raison.

« C’est donc un angle essentiel pour s’attaquer au fossé, qui ne cesse de se creuser depuis des décennies, et tout particulièrement depuis le nouvel interventionnisme occidental dans la région, qui a suivi la crise de 2001.  »

Si le fossé se creuse, c’est que le fond n’est pas stable et que les bords ne peuvent pas se rencontrer dans l’état. Il faudra beaucoup de liberté d’esprit et d’esprit critique libre pour pouvoir aménager le terrain relationnel de telle sorte que la rencontre ait lieu. Pour cela, il faudra aux démocrates de tous les côtés qu’ils fassent une franche autocritique sur leur mode de fonctionnement. Autrement, ils ne peuvent pas légitimement attendre de la masse qu’elle s’engouffre dans un passage qui n’existe pas.

«  … et qu’il ne peut y avoir d’opposition entre les droits politiques et les droits économiques. » Donc exit le capitalisme ? Lequel ? L’objectif ou bien le subjectif ? Je vous prédis de beaux jours de… bataille pour parvenir à modifier l’état d’esprit régnant. Mais je veux bien y prendre part s’il y a de la place pour une critique ouverte, sans chichi ni salamalek.

« Vu que les droits de l’homme ont régressé au nord comme au sud, il faudra avoir comme objectif la construction d’une société démocratique où s’impliquent et participent les citoyens à la vie de la société. »

Vous parlez de  »société » comme d’un ensemble cohérent, défini, fini. Vous savez sans doute qu’il n’en est rien et que cette notion de « société » dans l’absolu ne mènera personne nulle part. Cette façon de voir les choses exprime une vision idéaliste du monde, vision à l’origine même de l’expansion de l’Europe. Expansion qui s’est concrétisée dans la colonisation et l’exploitation des sociétés acquises dans la violation des principes mêmes de cet humanisme qui a fait croire aux idéalistes qu’ils pouvaient transposer leurs modes de vie où qu’ils aillent, y compris en traitant l’autre comme un objet. De grâce, qu’on ne donne pas à l’expansion un visage nouveau sous le couvert honorable des droits de l’homme, et avec la participation active et bénévole de ceux du Sud en plus !

Ainsi, « Les participants ont relevé les obstacles rencontrés pour appliquer les mêmes standards aux pays du sud …  »

Vous voyez, vous y êtes ! Vous voulez appliquer les  »mêmes standards ». Vous voulez faire entrer une tarte dans un moule à cake ! J’ai un peu peur que les bonnes volontés du Sud se montrent encore très naïves et fassent en définitive le lit de l’échec de leurs actions. Car cette affirmation comporte un risque identique à celui de la méga industrie agro-alimentaire, du tabac, de l’armement… qui, vous le savez sans doute, s’est fardée d’humanisme pour encore retirer des profits de leurs excédants en les vendant à des prix hyper-compétitifs aux pays du Sud. Cadeau empoisonné qui a ruiné les Africains, condamnant tout espoir d’accéder à ce que cette… manne prétendait apporter : le développement, donc la paix et la démocratie. Manne devant laquelle de nombreux dirigeants africains se sont inclinés avec empressement en échange d’une protection « inconditionnelle » de leurs amis du Nord. Dans ce sens, les propos de Jaques Chirac me semblent correspondre, hélas, à la réalité : des Africains se sont vendus, au sens économique, stratégique et politique et non moral, pour des miroirs aux alouettes. Ils sont seuls responsables de leurs choix.

Quant à la démocratie, cela ne se donne ni ne s’acquiert; cela se pratique. Ça n’est pas sorcier mais c’est exigeant et ça se nourrit avec des matériaux de proximité, pas avec des discours. Les grandes démocraties sont loin d’assurer le bien-être des leurs, l’esprit de solidarité … Même l’éducation des jeunes, ne parlons pas de l’intégration sociale et économique des plus démunis ou des désocialisés, n’y est pas au point. N’essayons donc pas de faire « comme » eux en appliquant des standards qui ne fonctionnent pas. Faisons ensemble autrement.

Par Saida Bari

Des vérités sur le nouveau ministre de la Poste et des TIC

Cela parait paradoxal. Bien des critiques et des faits reprochés établis ont été formulés à l’endroit Hamid Bessalah. La gestion de ce diplômé de l’université de l’ex-URSS a été remise en question dans la plupart de ses aspects. Malgré cela, il est promu ministre de
la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Selon les informations recueillies auprès du personnel du Centre national de développement des technologies avancées (CDTA), on parle de mauvaise gestion qualifiée d’archaïque comme l’atteste les rapports du commissariat au compte du CDTA depuis plus de cinq ans et de comportement tyrannique comme l’illustrent bien les différentes pétitions adressées à l’actuel chef de gouvernement durant son précédent mandat et la lettre ouverte du collectif du bureau d’études du CDTA (Halte à
la Hogra) dont la majorité ont été licenciés.
Autant dire que cette personne promu précédemment au poste du Directeur de la coordination de la recherche par l’ex-ministre du MESRS, monsieur B. Benbouzid, lui faudra convaincre comment s’est-il retrouvé membre du conseil d’administration d’Algérie Télécom, membre du conseil d’administration de l’ENP et président du conseil scientifique de l’ASAL (Agence Spatiale Algérienne)), membre du CNES (Commission Nationale Economique et Sociale), etc., etc.
Quant à la compagnie allemande M+W Zander citée dans cette lettre, à travers sa branche du Liban, quand on voit qu’elle sévit dans d’autres projets relevant actuellement du secteur de la poste et des télécommunications, tout indique que le pouvoir politique algérien actuel est structuré autour des clans et de réseaux de connivence, et non autour des réalités socio-économiques. A titre d’exemples, l’implication de cette société dans la réalisation de l’Unité de Développement des petits satellites à
Oran géré par le directeur général de l’ASAL et la construction du siège de l’agence du parc de Sidi Abdallah. Ainsi, dans le système politique qui est le nôtre, ce sont les intérêts et les idées de ceux qui détiennent le pouvoir qui subordonnent un esclave à son supérieur plutôt qu’au développement des facultés autres que celles mobilisées dans la complaisance et la connivence.

Par Mohamed, Universitaire

Le retour du bachagha Ouyahia

Le scénario prévu par le Makhzen du DRS et ses mentors continue de se mettre en place en clarifiant un peu plus son dénouement. Il faut être aveugle pour ne pas voir que Bouteflika est plus que malade. Il est quasiment mourant et astreint à un service minimum. Il ne peut plus faire de longs discours, ni participer à une trop longue cérémonie protocolaire, sous peine de faire un malaise. 

Il est donc hors jeu de fait mais garde un minimum de fierté en montrant qu’il n’est pour rien dans le retour d’Ouyahia. Les traditions constitutionnelles et médiatiques veulent que le président reçoive à tour de rôle les chefs de gouvernement démissionnaire et promu. Il n’en a rien été. Belkhadem a rencontré furtivement Ouyahia pour lui remettre les clés du bureau avant de s’envoler pour une omra. Il était pressé d’aller expier les péchés qu’il a commis et les mensonges qu’il a déblatérés. L’exercice politique a toujours été un calvaire pour les hommes qui se disent pieux. 

Le retour d’Ouyahia aux commandes du gouvernement, décidé par l’armée, signifie d’abord qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle parce qu’il sera chargé de l’organiser comme en 2004. Dans la tradition des bachaghas, il a démontré qu’il était un adepte de la fraude électorale et de la mystification, aidé par une presse servile et des partis croupions. Avant l’échéance de 2009, il va orchestrer la révision constitutionnelle «au nom du troisième mandat de Bouteflika». En réalité, le pouvoir veut faire sauter le verrou des deux mandats pour le prochain président qui sera un militaire. L’objectif étant de le faire durer le plus longtemps possible afin que les généraux qui ont du sang sur les mains et des comptes en banque bien remplis vivent une retraite paisible. 

Dans la tradition des bachaghas, Ouyahia est également revenu pour renforcer les intérêts économiques français. Déjà dominants au Maroc et en Tunisie, les patrons français veulent parachever la reconquête économique de l’Algérie. Patients et têtus, ils utilisent toutes les facettes des mécanismes du capitalisme pour pomper une partie de nos richesses sans trop investir. 

Par contre, ils font tout pour empêcher l’émergence d’un véritable patronat algérien. Le bachagha Ouyahia a toujours su servir leurs intérêts en encourageant leur implantation et leur main mise sur des secteurs stratégiques et rentables. Les français savent aussi intervenir avec des prête-noms algériens et arabes qu’ils rachèteront le moment voulu. Ce n’est certainement pas un hasard si l’installation de certains groupes arabes a été menée par des directeurs français, dont la plupart agissent sous couvert d’officines ou de lobbies. 

Les méfaits économiques anti-algériens du bachagha Ouyahia sont connus. Son retour en mai 2003 a constitué pour les français un double coup de maître. D’une part, il leur fallait à tout prix barrer la route de la présidence à Ali Benflis, qui aurait donné une image moderniste et démocratique contagieuse pour le monde arabo-africain. D’autre part, Ouyahia avait pour mission de liquider complètement le groupe Khalifa, alors qu’une solution nationaliste réfléchie aurait été de le nationaliser ou d’organiser sa reprise en main. On se rappelle que les contestations et les manifestations contre un démantèlement du groupe ont vite été étouffées. Les français ne voulaient pas voir le secteur bancaire algérien échapper à leur domination. La réussite fulgurante de Khalifa Bank, portée par des appuis en haut lieu et un management rajeuni, avait fait des émules qui les contrariaient en créant un précédent au Maghreb. 

Les français avaient aussi été outrés de voir Khalifa entrer dans le capital de la Société Générale après avoir racheté au prix fort les parts que détenaient l’ex-ministre du budget Ali Benouari, le facilitateur qui avait piloté l’installation de la banque dans un contexte très difficile. A ce jour, on ne sait pas qui détient ces parts que la SocGen voulait à tout prix récupérer. Alors qu’une simple logique de souveraineté économique commande à l’Etat algérien d’avoir un droit de regard d’actionnaire dans tous les conseils d’administration des banques étrangères. 

Le liquidateur Ouyahia s’est donc non seulement chargé de détruire Khalifa Bank, mais également toutes les banques privées à capitaux algériens. Elles ont toutes été dissoutes, ne pouvant plus franchir toutes les barrières insurmontables mises en place par Ouyahia. C’est ainsi que toutes les autres tentatives de créer une banque par des groupes algériens publics et privés (Sonatrach, Cevital,…) ont vite été découragées. 

Les banques arabes et étrangères ayant une présence symbolique et marginale, le terrain est libre pour une domination exclusive des banques françaises qui a failli devenir décisive avec la privatisation du CPA. C’est grâce à la «vigilance stratégique» de Fatiha Mentouri, ex-ministre déléguée à la réforme financière, que l’opération a été avortée. Elle avait subtilement brouillé les cartes en y mélangeant la crise américaine des subprimes qui n’avait pas grand-chose à voir, mais qui a suffi à faire peur à des décideurs ignorants. Elle vient de payer son patriotisme en étant éjectée de son poste. 

Le fait est que le système bancaire algérien se retrouve paralysé, incapable de gérer et de réinjecter dans l’économie la manne pétrolière. Les banques publiques ont un management attardé et il n’y a ni banques privées, ni fonds d’investissement, ni capital risque, ni sociétés de placement, ni marché financier, ni bourse … De simples opérations de crédit auto, ou de crédit consommation comme l’opération Ousratic n’ont pas pu être gérées par un système financier archaïque. Alors que dire du crédit à l’investissement réservé à une poignée de privilégiés au détriment de milliers d’investisseurs potentiels laissés sur le carreau qui ont abandonné leurs projets après des mois et des années de négociations inutiles. 

Par ailleurs, le développement rapide de la compagnie aérienne Khalifa Airways a été également vu par les français comme un  danger. En désenclavant de nombreuses régions d’Algérie et en ouvrant des dessertes partout dans le monde, Khalifa sortait les algériens de leur isolement et de l’embargo qu’on leur imposait. Il prévoyait aussi le lancement de vols charters et le low cost que les français veulent freiner en Algérie pour entraver le développement du tourisme. Air France a d’ailleurs lancé ses vols à prix réduits à 50€ vers le Maroc et la Tunisie… mais par vers l’Algérie. Le monopole d’Air Algérie et le refus de délivrer des agréments aux compagnies privées maintiennent le pays à la traîne du développement touristique. En discourant sur la sortie de la dépendance pétrolière, Ouyahia continue à prendre les algériens pour des amnésiques et des imbéciles. 

Les officines françaises avaient commencé à s’affoler lorsque Khalifa avait sponsorisé l’OM et le club de rugby de Bègles, et surtout créé sa chaîne de télévision. Il donnait de l’algérien une image de prospérité moderniste et festive qui contrastait avec l’image du terroriste sanguinaire que distillaient quotidiennement les médias français. C’est à ce moment que les premières attaques anti-Khalifa, ouvertement inspirées par la DGSE, sont parues dans la presse française, avant de confier au bachagha Ouyahia la mission de «détruire l’image Khalifa». Les détournements et la corruption sont une réalité nationale et une responsabilité collective qui ont caché les véritables raisons de la destruction du mythe Khalifa. 

Le bachagha Ouyahia a déjà fait savoir à la presse qu’il «représenterait l’Algérie» à la rencontre fondatrice de l’UPM du 13 juillet et qu’il se mettra au garde-à-vous au défilé militaire du 14 juillet. Il n’a aucun état d’âme ni aucun scrupule à faire cette insulte à notre Histoire, ni à faire allégeance au lobby sioniste. 

Plus que la maladie et la mise à l’écart de Bouteflika, le retour d’Ouyahia prouve aussi que le Makhzen du DRS, qui impulse la vie politique du pays depuis 18 ans, est lui aussi très malade et a atteint ses limites. Rappeler pour la troisième fois le même homme à la tête du gouvernement relève du rachitisme politique. 

A force de censurer, réprimer, marginaliser, contraindre à l’exil tout opposant, le pouvoir ne s’est laissé aucune marge de manœuvre. Il traîne tout le pays dans la décadence et le prépare à une nouvelle colonisabilité qu’on finira tous par souhaiter et accepter comme une délivrance. Le suicide collectif des haragas qui se jettent à la mer pour rejoindre la métropole en est un signe annonciateur. 

Saâd Lounès

L’économie se porte mal ? Ca me fait bigrement marrer…

Voilà que le revenant Premier Ministre apprend aux Algériens que «l’économie se porte mal». Mais enfin, est-ce censé nous faire peur  ou nous faire rire ? En tous cas, moi ça me fait bigrement marrer.  Qui du commun des Algériens ignore que l’économie de son pays va mal, très mal et même très très mal ? Pas besoin de sortir de Saint-Cyr … 

Ce que le Sieur Ouyahia omet de dire, c’est plutôt pourquoi cette économie se porte mal, si on admet qu’il y’en a une. Si l’économie du pays se porte mal, cela doit bien avoir des raisons, cette situation doit avoir des « responsables ».

Bien entendu cette première déclaration est destinée à celui qui était à sa place il y a 2 jours. C’est un peu la réponse « du berger à la bergère ». L’un comme l’autre, chacun à sa façon et avec son « style » ont porté des coups fatals à l’économie du pays, transformée en un gigantesque « bazar », un repère d’affairistes sans scrupules et de prédateurs sans fois ni loi.

Imbu, suffisant et frappé d’amnésie, il est intéressant de rappeler à celui qui a dirigé un Gouvernement qui passait son temps à couper « les rubans » pour inaugurer des projets que … le Président a initiés, quelques-uns des ses « exploits » en matière d’économie.

Quand un premier Ministre dégomme 460.000 postes d’emploi comme si de rien n’était, ordonne des ponctions pour assurer les salaires de misère d’autres travailleurs, on ne peut pas lui attribuer la mention « bien ». Quand c’est sous son « règne » que des maladies moyenâgeuses réapparaissent et terrassent des enfants algériens, on ne peut pas dire que l’économie se porte bien. Dans les pays « assis sur leurs pieds », les responsables moraux de telles situations ne se dérobent pas dans des envolées lyriques et répondent devant la justice, à l’exemple de Laurent Fabius, dans l’affaire du sang contaminé en France, en 1991 … Mais la comparaison est très osée puisque il faudra parler du niveau politique, du sens des responsabilités, du devoir de rendre des comptes, de la justice, de son indépendance … du pouvoir des députés d’exiger des commissions d’enquêtes, de leur courage politique d’exercer leur droit de voter une motion de censure et de beaucoup de choses encore…

Quand, c’est  sous ces yeux de Premier Ministre que  l’empire Khalifa s’est constitué et que son scandale a éclaté, il est difficile de dire que l’économie est reluisante. A ce sujet, l’on se rappelle de sa déclaration devant les députés, le 25 mai 2005 « l’affaire Khalifa « n’a pas encore livré tous ses secrets » et qu’il y aura « du nouveau » à ce sujet. Peut-être que, 3 ans après, celui qui était aux affaires, lèvera le voile sur «  le scandale du siècle ». On passera, bien entendu, sur « son combat » et son acharnement, aux côtés des Arouche rien que pour  dissoudre les Assemblées élues dans la région de Kabylie détenues par le FFS…

Si l’économie se porte mal, un secret de « Polichinelle », Ouyahia doit savoir que c’est tout le pays qui se porte mal. Lui, à la tête du Gouvernement, il se portera bougrement mal.

R.Z.

Il est revenu celui qui s’était introduit … «jusqu’aux poches des travailleurs»

La rumeur le disait revenir. Il revenait… Il revient. Il est là. Le chef du RND est rappelé, une fois encore à la tête du Gouvernement. Celui que la presse et la classe politique avaient surnommé «l’exécutant» et que les décideurs avaient placé sur une voie de garage revient. Celui qui s’était introduit … « jusqu’aux poches des travailleurs » en ordonnant des ponctions sur salaires prend les rênes d’un Gouvernement qui n’a aucune prise sur les affaires du pays, ni son mot à dire face aux institutions financières internationales dont le FMI et la Banque mondiale. Il reprend sa place, ce commis de l’Etat, sans état d’âme… C’est sous «son» autorité que le pays a connu l’affaire de la mutinerie sanglante de la prison de Serkadji, l’assassinat de Hachani et la liquidation de 460.000 postes de salariés. Aux élections de 1999, il apportera son appui à Abdelaziz Bouteflika. Un soutien qui lui vaut d’être nommé ministre de la Justice. Il sera l’un des artisans de la concorde civile et de la révision du Code pénal. Autoritaire, l’arrogance par excellence, ne tolérant pas qu’on lui apporte la contradiction, Ouyahia à la tête de l’Exécutif n’est certainement pas une bonne nouvelle pour les travailleurs, les syndicats autonomes, les associations non gouvernementales, en un mot, pour la démocratie. Peut-être une bonne nouvelle pour … les Arouche qu’il se remettra à agiter à l’occasion de la révision de la Constitution. Quant aux commentaires de la presse, qui adopte plutôt un profil bas, retenir ce titre du Courrier d’Algérie qui commence déjà à faire … la cour : «OUYAHIA : LE JUSTE RETOUR» (sic !)

Par R.Z

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