Archive pour 'Monde du travail en Algérie'

Les enseignants contractuels matraqués

revolteflic1.jpgLes enseignants contractuels ont été malmenés et brutalisés, des représentants de partis politiques, d’organisations syndicales et des photographes maltraités, bousculés et empêchés de travailler par des policiers déchaînés, venus en force disperser la foule. Une foule composée de représentants de syndicats autonomes tels que le Satef, le Cla, le Snapap, le Cnapest, des représentants du FFS, du MDS et du CCDR, et également des représentants de la société civile. Un dispositif de sécurité impressionnant a été déployé pour quadriller toute l’avenue menant au ministère de l’Education nationale. 

« dégagez d’ici ! » 

Les manifestants se sont donné rendez-vous à hauteur du lycée Descartes et n’ont pu malheureusement bouger de cet endroit, vu l’acharnement des policiers qui ont reçu pour ordre d’empêcher quiconque de rejoindre le département du doyen des ministres. Des casques bleus et des policiers en civil ont usé de tous les moyens pour remballer les contestataires. « Dégagez d’ici, ou alors je vous embarque tous au commissariat », a lancé à l’égard des manifestants un policier en colère. Ce dernier a donné ordre à ses éléments de disperser tout le monde. « La donne et les instructions ont changé maintenant, je ne ménage personne, renvoyez ces gens chez eux, je ne veux plus d’attroupement », a lancé l’officier à ses agents. Ces derniers exécutent. Des syndicalistes ont alors tenté d’expliquer aux policiers que leur manifestation était pacifique et qu’il s’agit là d’une ultime tentative de renouer le dialogue entre les grévistes et la tutelle. « Nous ne voulons pas d’affrontement, nous aimerions juste nous rendre au ministère pour demander à M. Benbouzid d’ouvrir des négociations avec les enseignants contractuels», expliquent les membres de la délégation. Mais, imperturbables, les policiers repoussent les manifestants et leur demandent avec insistance de vaquer à leurs occupations… 

« LÂCHEZ-MOI, JE NE SUIS PAS UN TERRORISTE » 

Le ton monte des deux côtés et les policiers décident de passer à l’acte en arrêtant de manière honteuse deux enseignants affiliés au CLA. « Lâchez- moi, je ne suis pas un terroriste », crie l’un d’entre eux. Conduits au commissariat, les deux syndicalistes ont été relâchés. Cette situation a laissé perplexes les personnes qui ont fait le déplacement pour apporter leur soutien aux manifestants. « Les policiers ont fait dans l’excès de zèle », fait remarquer un enseignant. (…) Le représentant du MDS qualifie d’incorrect le comportement des pouvoirs publics qui, d’un côté, permettent aux familles de disparus de manifester dans la rue et, de l’autre, empêchent les enseignants d’observer un sit-in. Hakim Addad du FFS n’est nullement surpris par l’attitude des autorités, qui veulent « achever » les grévistes. Ces derniers estiment qu’après cette tentative de médiation, tous les recours seront permis, y compris celui de saisir les instances internationales pour trouver une solution. « Nous n’avons rien à perdre. Lorsque vous ne percevez pas votre salaire pendant trois ans, vous êtes déjà mort. Lorsque vous travaillez pendant quatorze ans et qu’on vous met à la porte sans aucune argumentation valable, il y a un problème et un problème sérieux. C’est de l’ingratitude ! », lance avec rage un enseignant contractuel. Le combat des enseignants contractuels « est une étincelle qui risque rapidement de devenir un brasier », a averti M. Sadali du Satef. Les grévistes ne comptent pas baisser les bras : « Nous irons jusqu’au bout d’autant plus que nous sommes déjà morts. » Cette phrase nous renseigne sur l’état d’esprit des grévistes. 

Extraits d’un article d’El Watan

Commentaire: Le serpent change de peau mais reste vénimeux. Notre police a bel et bien changé de tenue, mais reste fidèle à des méthodes répressives. El Mouhtarem

Bled le cumul

Guetttiche Ahmed élu membre du secrétariat national de l’UGTA occupe plusieurs postes de responsabilité. Il est chef  »patriote » à Médéa, membre du bureau national du RND, député à l’APN, président de la commission de discipline du parti de Ouyahia. El Mouhtarem 

Les Carriéristes de l’UGTA

Benmouhoub El-Hachemi et Abdelkader Malki ont intégré le secrétariat national de l’UGTA en 1982, soit lors de l’élection de Belakhdar Tayeb à la tête du secrétariat national de
la Centrale syndicale. Depuis, les deux « syndicalistes » n’ont pas quitté l’appareil de l’UGTA.   

 

L’UGTA, ce syndicat des députés

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Le nouveau secrétariat national de l’UGTA est composé de 12 membres dont 5 députés 

Adjabi Salah, député indépendant de Guelma

Guetiche Ahmed, député du RND de Médéa  Hmarnia Mohamed Tayeb, député du RND de Annaba 

Djenouhat Salah, député du RND d’Alger 

Malki Abdelkader, député RND de Béchar (1997-2002) 

Par ailleurs, il convient de signaler qu’un autre membre du secrétariat national, Sager Slimane est vice-président de l’APW (RND) de Ouargla.

La liste des nouveaux secrétaires nationaux de l’UGTA

ugta.jpgListe des 12 nouveaux secrétaires nationaux de l’Union général des travailleurs algériens (UGTA), élus dimanche à Alger par les 264 membres de la Commission nationale exécutive issue du 11ème congrès. 
1- Malki Abdelkader 2- Segar Slimane 3- Brahim Djebbar 4- Messous Abdelkader 5- Hadj Mostefa 6- Djenouhat Salah 7- Telli Achour 8- Guettiche Ahmed 9- El Hachemi Benmouhoub 10- Adjabi Salah 11- Hmarnia Mohamed Tayeb 12- Maïza Hocine.
Ces 12 secrétaires nationaux ont été élus pour un mandat de cinq ans, parmi 26 candidats. Parmi le nouveau Secrétariat national, quatre sont issus de l’ancien Secrétariat national, à savoir Djenouhat Salah, Malki Abdelkader, Benmihoub Hachemi et Adjabi Salah.

Cinq anciens secrétaires nationaux qui se sont portés candidats pour ce mandat n’ont pas été élus. Il s’agit de Bouzidi Boualem, Marabet Ali, Beldjillali Ali, Keroum Lakhdar et Rahma Boudjemaâ. 

NB: des informations concernant l’identité de ces personnes vous seront communiquées bientôt.

FLN: Abdelkrim Abada s’occupe de la formation politique

Le secrécataire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a procédé à un remaniement de son secrétariat national. Abdelkrim Abada est désormais chargé du départment de la formation politique et des fincances, après avoir occupé le poste de secrétaire national chargé de l’organique, de l’administration et des finances. Il a été remplacé par M. Madani Bradai.

Nouar Larbi reconduit à la tête du CNAPEST

nopuar.jpgM. Nouar Larbi a été réélu au poste de coordinateur du Conseil national autonome des professeurs et enseignants du secondaire et technique (CNAPEST), pour un mandat de trois ans, à l’issue de son premier congrès tenu à l’ITE de Benaknoun les 9 et 10 juillet. « C’est un congrès démocratique et transparent », a déclaré M. Larbi lors de la conférence de presse qu’il a animée hier au siège du SNAPAP à Alger. Par ailleurs, le premier responsable du CNAPEST a souligné que le congrès s’est déroulé en présence d’un huissieur de justice, des représentants du ministère de l’Education nationale et de la société civile. L’orateur a affirmé que le bureau national du syndicat a connu un changement de plus de 50% de ses membres, avec l’élection de 7 nouveaux et la reconduction de 6 anciens. Parmi les membres qui n’ont pas été réélu figure Ali Lemdani, chargé de l’information et de la communication, et qui a été remplacé par Messaoud Boudiba.  

Des enseignants réprimés à Constantine

revolteflic1.jpgDes centaines d’enseignants affiliés au Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) de la wilaya de Constantine ont organisé, hier matin, un sit-in devant les locaux de la direction de l’éducation, rapporte le quotidien El Watan.  Un important dispositif de sécurité a été déployé tôt le matin au niveau des accès et des principales artères du quartier Coudiat, où se trouve le siège de l’académie.

Un dispositif répressif qui n’a pas empêché les enseignants de tenir leur rassemblement et de scander des slogans hostiles au directeur de l’éducation, Ahmed Guellil, accusé par les représentants du syndicat d’avoir « imposé son diktat sur le secteur ». Malgré le caractère pacifique de la manifestation, les protestataires ont eu à subir la furia de la police qui a usé et abusé de la matraque. Quinze arrestations ont été opérées parmi les protestataires, dont neuf membres du bureau de wilaya, ont indiqué des représentants du Cnapest.

UGTA: l’Union de wilaya d’Alger exige le départ de Djenouhat

djenouhat.jpgUn troisième rassemblement a été organisé, hier, devant le siège de la Maison du peuple, par des dizaines de syndicalistes affilés à l’UGTA pour demander le départ de Salah Djenouhat, responsable de l’union de wilaya d’Alger depuis maintenant onze ans ! « Onze ans barakat », ont scandé les contestataires.
Dans une motion adoptée à l’unanimité et qui sera remise au SG de l’UGTA, les syndicalistes de l’Union d’Alger font état d’une «situation organique désastreuse et catastrophique qui a généré toutes les suspensions, les exclusions, les intimidations, les désignations de responsables syndicaux sans élections, la délivrance de PV d’installation des structures syndicales dans des cafés, l’absence d’assemblées générales des cadres…». La déclaration fait également état de «la non tenue du congrès et des réunions de la commission exécutive de la wilaya d’Alger depuis onze ans, de l’exclusion et de l’étouffement des formes d’expression syndicales et l’absence d’une prise en charge des problèmes des travailleurs». «Il est appelé ainsi à l’instauration d’un comité des cadres syndicaux d’Alger qui va être à l’écoute des préoccupations des travailleurs dans l’attente de l’installation de la commission de préparation du congrès de l’Union par le secrétariat national de l’UGTA», lit-on enfin dans le document.

Pour rappel, lors du XIe congrès de l’UGTA, qui s’est achevé le 31 mars, les congressistes ont réélu Abdelmadjid Sidi-Saïd au poste de secrétaire général de la Centrale syndicale. Les assises ont été marquées par la création du poste de vice-président de l’UGTA. Un poste que convoite depuis Salah Djanouhat, député
du Rassemblement national démocratique (RND).
Commentaire:
En Algérie, on peut être député et syndicaliste à la fois. On adopte toutes les lois antisociales au niveau de l’APN et on proteste contre ces mêmes lois en sa qualité de syndicaliste. Une véritable Schizophrénie qui a atteint les syndicalistes version Sidi Said ! Les syndicaliste de l’UGTA d’Alger ont certes le droit de réclamer le départ de Djenouhat, mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant la tenue du 11ème congrès pour permettre à la base d’y participer. Les mêmes syndicalistes reprochent à Djenouhat d’avoir « renforcer les syndicats autonomes par sa gestion » ! Là au moins, ils ont le mérite de reconnaitre que leur syndicat n’est pas autonome ! El Mouhatarem

ALGÉRIE : Violente répression d’une manifestation syndicale

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme 

                                                              (OMCT-FIDH) 

                                                     Communiqué de presse  

Genève-Paris, le 22 avril 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a été informé de la violente répression dont a fait l’objet une manifestation pacifique des syndicats de l’administration publique le 15 avril 2008 à Alger, au terme de deux jours de grève. Plusieurs syndicalistes ont été violemment arrêtés et du matériel photographique et des tracts ont été saisis. 

Le 15 avril 2008, des membres de l’Intersyndicale autonome de la fonction publique [1] ont demandé à rencontrer le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, après deux jours de grève, afin de lui faire part de leur désaccord sur le projet de revalorisation des salaires, élaboré par le gouvernement sans consultation des syndicats. Les hommes des Unités républicaines de sécurité (URS) ayant empêché cette rencontre, les syndicalistes sont passés outre l’interdiction de manifester, en vigueur depuis 2001, et ont organisé un rassemblement sur la place de la Grande Poste, où ils ont exhibé des banderoles hostiles au gouvernement. Les policiers, pris de court, sont intervenus de façon musclée afin de s’emparer des banderoles, bousculant, insultant et prenant à partie les manifestants. Les forces anti-émeutes, appelées en renfort, ont chargé les manifestants et fait usage de leurs matraques, arrêtant sept enseignants en fin de matinée, qui ont finalement été relâchés dans l’après-midi. Une militante du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a été violemment prise à partie et M. Nouar Larbi, membre du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), a été traîné par la veste dans la rue, arrêté, puis immédiatement relâché sous la pression de ses collègues. Au total, 10 personnes ont été arrêtées, auditionnées puis relâchées quelques heures plus tard. Dans la mesure où la police a dressé des procès-verbaux de ces auditions, il est à craindre que des poursuites ultérieures soient engagées contre les manifestants arrêtés. 

L’Observatoire condamne avec la plus grande fermeté la répression de cette manifestation pacifique qui vise à restreindre les activités des syndicats et sanctionne l’exercice par des défenseurs des droits de l’Homme de leur droit à “promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales”, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme. 

Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités algériennes de cesser tout acte de répression à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, qui prévoit notamment en son article 6.b que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales, et par ces moyens et autres moyens appropriés d’appeler l’attention du public sur la question”. 

Enfin, l’Observatoire demande plus généralement aux autorités algériennes de se conformer, en toutes circonstances, aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme. 

Pour plus d’informations, merci de contacter : 

OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39 

FIDH : Gaël Grilhot : + 33 1 43 55 25 18 

[1] L’Intersyndicale autonome de la fonction publique regroupe le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEPM), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et la Confédération des enseignants contractuels algériens (CECA).

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