Archive pour 'Monde du travail en Algérie'

Des syndicalistes suspendus de l’UGTA

sidi.jpgAprès la suspension la semaine dernière du SG du syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation (SETE), Bekhouche Malek, l’Union de wilaya de Béjaia a procédé à la suspension du chargé de l’organique de l’union locale, Tarik Aïdli, et un membre du même SETE, Mazi Mahmoud. Les trois syndicalistes ont été suspendus pour des déclarations faites à la presse à l’issue du dernier congrès qu’ils ne se sont pas empêchés de qualifier d’antidémocratique. 

Sidi Saïd, haut fonctionnaire du Ministère du travail

Le congrès 2008 de l’UGTA à l’hôtel El Aurassi. Alors qu’il dispose d’un magnifique siège national qui s’appelait
la Bourse du Travail du temps de la colonisation. Une insulte aux travailleurs et en particulier aux travailleurs licenciés, aux chômeurs, à ceux qui vivent dans la précarité car le fruit de leur travail ne suffit plus à les nourrir.

Ce Congrès a atteint les limites du ridicule dans l’histoire du syndicalisme. L’UGTA, supplétif du ministre du travail, aux ordres du pouvoir, revendiquant une révision de la Constitution et un 3° mandat présidentiel. Un secrétaire général dont les frasques financières avec Khalifa font les gorges chaudes dans les salons d’Alger, dont la compétence à défendre les travailleurs est nulle. Et des participants accourant à la curée, qui député, qui sénateur, qui membre d’une assemblée locale, et tous quémandant une quelconque prébende, logement, terrain, commerce, mission …. Honte aux congressistes 2008 de l’UGTA. Cette étiquette leur restera longtemps collée à leur front, eux qui ont plébiscité un haut fonctionnaire.

Il reste que l’Algérie a bien changé. Loin est le temps où un chef d’Etat se déplaçait à
la Bourse du travail pour annoncer aux travailleurs des décisions historiques. Mais où sont donc les droits des travailleurs, les droits économiques et sociaux ?

L’avenir est maintenant chargé de lourds nuages pour le pays. Il n’est même pas sûr que Dieu saura nous protéger.

Par Kamel Daoud, militant des droits de l’homme.

Grève des lycéens: Portraits de délégués

Zoubida Lachelache : “Des professeurs ont commencé le programme par le dernier chapitre !”
Zoubida Lachelache, pas plus haute que trois pommes. Sous ses airs d’adolescente gâtée d’Alger-Centre, se cache une véritable jeune fille révoltée de 17 ans. Élève du lycée Sacré-Cœur filière langues étrangères, elle est chef de classe depuis sa 1re année secondaire. Zoubiba a été désignée par ses camarades de son établissement comme déléguée pour représenter son lycée.
Elle passe toute sa journée au téléphone en contact avec les délégués des autres lycées afin de planifier et gérer la mobilisation des terminales avec les autres camarades du secondaire. Se plaçant toujours au premier rang des manifestations et des rassemblements.
“Rien nous ne fait peur à part rater notre baccalauréat. Nous voulons rencontrer le ministre de l’Éducation nationale afin de lui transmettre notre plate-forme de revendications et négocier les cours à amputer du programme national. Le responsable de l’éducation dit que les sujets du baccalauréat porteront sur les cours réalisés, mais je ne sais pas s’il est au courant qu’il y a certains professeurs qui ont commencé le programme par les derniers chapitres. Comment comptent-ils unifier les sujets du bac dans ce cas-là ? Nous voulons que le ministre arrête dès maintenant la liste des programmes à réaliser pour nous éviter toute mauvaise surprise à l’avenir”, déclare-t-elle. Comme tous les lycéens, à la fin de l’après-midi, elle rejoint ses cours particuliers afin de ne pas perdre son temps.

Asma Trabsi  “J’ai exposé à Benbouzid…”
Si vous vous déplacez au lycée Bouattoura, vous verrez sa photo accrochée au tableau d’affichage de l’administration parmi les dix bons élèves de l’établissement.
Elle s’appelle Asma Trabsi, âgée de16 ans, filière sciences expérimentales. Elle a cumulé les bonnes notes depuis sa 1re année primaire jusqu’au 1er trimestre de sa terminale. Avec une bonne moyenne, elle se dit solidaire avec les autres élèves pour faire aboutir leur revendication.
Classée 6e de son lycée, elle a représenté ses camarades lors la visite du ministre de l’Éducation à l’établissement à la fin du 1er trimestre. “J’ai exposé au ministre le problème de la longueur du programme de terminale bien avant le début de la grève. Il m’a répondu en disant qu’il faut travailler de 18h jusqu’à 21h pour le finir”, a-t-elle raconté. Pour elle, les choses sont claires.
Pour bien avancer dans les révisions, il faut limiter le programme et être unis autour des mêmes revendications. “Nous sommes issus du système fondamental, on ne devrait pas être touchés par le programme de la réforme. Nous voulons simplement que Benbouzid écourte les leçons afin de nous donner notre chance d’avoir le bac”.

Ghiles Mammeri “Les lycéens veulent construire leur avenir  et celui de leur pays”
Sous ses airs de lycéen farceur se cache un bon élève. Il s’excuse tout le temps d’être parmi les plus jeunes. “Je suis âgé, je dois être dans la cour des grands”.
19 ans, voilà ce que signifie pour lui être âgé. Victime de l’année blanche qu’a connue la wilaya de Tizi Ouzou en 1994 en raison de la grève du cartable, sa famille l’a transféré à Alger, il était en 2e année primaire lorsqu’il a redoublé sa classe. Depuis cette année, il a décidé de se venger des études et de rattraper le retard perdu avec des bonnes notes et une moyenne pas moins de 13/20 durant toute sa scolarité. Délégué du lycée Zoubida-Ould-Kablia, dans la commune de Draria, Ghiles Mammeri a été élu, à main levée, par ses camarades pour défendre la cause des lycéens. “M. le ministre, je vous prie de prendre en considération nos revendications. Pensez aux élèves qui souffrent et qui veulent s’en sortir afin de construire leur avenir ainsi que celui de notre pays”, a-t-il déclaré.    

Rami Abou laïche “Le programme  est intéressant mais trop chargé”
Même parcours que les autres terminales. Rami est un bon élève, série Math technique au lycée Abelallah-Ben-Abbès à El-Biar. Délégué de son établissement, âgé de 17 ans, il revendique la suppression de certaines leçons. Il estime, pour sa part, que le programme des terminales est intéressant mais trop chargé.
Ce qui rend la compréhension difficile. Armé d’une détermination qui renforce tous ces jeunes lycéens, Rami est persuadé que le mouvement des terminales fera aboutir leurs doléances légitimes.
“Notre mouvement est spontané qui ne répond à aucune visée politique. Nous voulons simplement que le ministre prenne une décision rapide pour alléger le programme afin de préparer notre examen dans des meilleures conditions avant la date fatidique”, a-t-il dit.

Nabila Afroun, Liberté

Des lycéens menacent d’un autre mouvement de protestation

Les élèves de troisième année secondaire (ex-terminale) risquent de récidiver par un autre mouvement de protestation, annoncé pour le 2 février prochain. «Nous avons annulé celui annoncé pour demain et nous avons convenu d’une reprise du mouvement à partir du 2 février prochain», rapportent des lycéens venus hier à notre rédaction et se présentant comme des délégués des lycées d’Alger. Les adolescents annoncent une grève «illimitée» qui aura toutefois lieu dans leurs établissements respectifs. Autrement dit, pas de rassemblements dans la rue.

K. M.

Ce matin / Des centaines de lycéens dans la rue (infosoir)

marche7.jpgPour l’allégement des programmes
l Emboîtant le pas à leurs professeurs qui réclament un meilleur statut social, les élèves de terminale ont, aujourd’hui, dans une manifestation, réclamé l’allégement des programmes. Ceux-ci sont jugés trop volumineux, compromettant leur chance de succès au baccalauréat. 

Les élèves de terminale de plusieurs lycées du centre-ville de la capitale sont sortis, ce matin, dans la rue pour protester contre la charge des cours qui leur est imposée par les nouveaux programmes. Les rues Didouche-Mourad et Hassiba-Ben-Bouali ont connu une ambiance particulière avec des lycéens qui pressaient le pas en allant du côté de la place du 1er-Mai. Parallèlement, la police était en alerte : «Ils se dirigent vers
la Maison de la presse !», criera sur son talkie-walkie un agent qui a pris position à l’entrée de l’hôpital Mustapha-Pacha. Des centaines d’élèves des établissements du Sacré-Cœur, de Omar-Racim et de Ibn-Naas notamment se sont en effet rassemblés, dès 9 h du matin, devant
la Maison de la presse Tahar-Djaout, place du 1er-Mai. Les protestataires, très nombreux, tentaient d’approcher les rédactions des journaux, mais ils étaient empêchés par les policiers, en civil et en uniforme. Seule une délégation de trois lycéens a reçu l’accord de pénétrer dans
la Maison de la presse pour exposer ses doléances. Pourquoi s’adresser aux journaux ? «Nous ne savons pas à qui parler. Toutes les portes sont fermées devant nous. La direction du lycée ne fait que nous calmer. Nous n’avançons pas dans les différents programmes alors que les examens de fin d’année approchent», lance un groupe de lycéens de Omar-Racim. Les mécontents se recrutent parmi les candidats au bac en sciences naturelles, en lettres et langues étrangères. «Nous demandons l’allégement des programmes, de tous les programmes», déclarent-ils. «Nous avons le soutien de nos profs», ajoutent-ils en guise d’assurance. Le rassemblement observé à la place du 1er-Mai a donné lieu à des bousculades. Les lycéens, à forte majorité féminine, allaient dans tous les sens. Plusieurs d’entre eux ont été malmenés par la police. Vers 10h, ils se sont rassemblés devant l’entrée de l’établissement Ibn Naas de la place du 1er-Mai, ne sachant pas ce qu’il fallait faire. Auparavant, les lycéens du centre-ville ont été chassés de la rue Didouche. «Où l’on va, on nous chasse», affirme-t-on. En vertu de la loi sur l’état d’urgence, toujours en vigueur, les manifestations publiques sont soumises à autorisation préalable de l’administration. Depuis le 14 juin 2001 (la marche des ârchs), elles sont interdites dans la capitale. Cette sortie des lycéens coïncide avec le cycle de protestations engagé par les représentants des enseignants (CLA, Cnapest) qui contestent la nouvelle grille des salaires et le projet de loi sur l’orientation scolaire encore à l’étude.

Larbi Nouar. Coordinateur national du Cnapest à El Watan

nouar.jpg« L’augmentation de 6000 DA ne met pas à l’abri l’enseignant »

Larbi Nouar, coordinateur du Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), parle en exclusivité à El Watan des raisons ayant poussé le syndicat à recourir à ce débrayage.
- Parlez-nous des résolutions de la dernière session du conseil national…
- La session des 29 et 30 décembre 2007, à laquelle 37 wilayas ont participé, est une suite de la session ouverte du mois de novembre. Les questions du statut particulier, du siège national qui nous fait défaut, le mépris affiché par la tutelle à l’égard de la grève de Batna, ont été, avec la position de certains directeurs de l’éducation nous tournant le dos, les principaux points inscrits à l’ordre du jour. Notons qu’en marge de ce conclave, une commission a été chargée d’étudier les propositions du ministère inhérentes au futur statut particulier qu’on rejette catégoriquement. D’autant que la tutelle a occulté le fond du problème…
- Pouvez-vous vous étaler sur cette question (le fond du problème) ?
- Nos propositions concernant l’introduction de quatre catégories de professeurs n’ont pas obtenu les résultats escomptés. La tutelle n’a pas trouvé mieux que de s’appuyer sur l’ancien système (la loi 90-49 qui n’obligeait pas la tutelle à créer les postes pour les professeurs agrégés et professeurs chercheurs). Les mesures transitoires préconisées par la tutelle désavantagent les PEST ayant cumulé plus de 10 ans d’expérience. Le Cnapest ayant demandé à ce que le poste de professeur principal soit attribué à un enseignant ayant plus de 10 ans d’expérience, le professeur expert valorisera 17 ans de métier et l’excellence sera confiée aux enseignants ayant 25 ans et plus de métier, est déçu par les décisions de la tutelle tournant le dos à toute négociation sérieuse.
- Que reprochez-vous au nouveau statut ?
- Avec le nouveau statut, l’enseignant travaille avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Sachant que les nouveaux textes ont instauré des sanctions s’apparentant à des punitions. Une absence à une réunion du conseil de classe est considérée, désormais, comme une faute grave de 3e degré. Avec, en sus, une perte d’échelon et une mutation obligatoire. Le Cnapest, ayant demandé l’abrogation de la circulaire déniant le droit à tout fonctionnaire ayant fait l’objet d’une mutation temporaire à participer au mouvement, tombe des nues. D’autant que la tutelle a non seulement affiché une fin de non-recevoir mais vient de réinscrire cette dernière dans la nouvelle loi.
- Qu’avez-vous à dire à propos de la nouvelle grille des salaires ?
- Le Cnapest rejette le déclassement de professeurs techniques et des lycées techniques qui se retrouvent à la catégorie 10. Nous considérons que l’augmentation de 6000 DA brut ne répond pas à nos attentes, ne met en outre pas à l’abri du besoin l’enseignant. Le conseil national, qui attend une révision à la hausse du régime indemnitaire, est disposé à participer à l’élaboration de ce régime. Il refuse, en outre, le fait accompli comme cela a été le cas pour la grille des salaires. Nous sollicitons, à cet effet, l’intervention et l’arbitrage du président de la République, l’initiateur des réformes du système éducatif, n’ayant pourtant pas occulté la situation socioprofessionnelle des enseignants qui se dégrade de plus en plus.
Kamel Beniaiche

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou

 

tasdawit.jpgLes étudiants saccagent les bureaux de la DOU de Hasnaoua

Un véritable climat de tension règne à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Avant-hier, les étudiants protestataires ont pris d’assaut les bureaux de la directrice de la DOUH, sortant tout le mobilier dehors avant d’y mettre le feu, ainsi qu’à des pneus. Selon des témoignages recueillis sur place, c’est l’action en justice entamée à l’encontre de plusieurs étudiants qui aurait fait déborder le vase.

 

 

Rappelant que la Coordination locale des étudiants (CLE) exige, depuis quelque temps déjà, le départ de la directrice des œuvres universitaires de Hasnaoua (DOUH). D’après M. Chabane

Grève des cheminots: Elle fait tache d’huile !

train.jpgPar Ahmed Haniche, Infosoir

Colère: Des travailleurs de la Sntf dans plusieurs wilayas ont rejoint, depuis hier, le mouvement de protestation. Les grévistes ne comptent pas suspendre le débrayage jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

En dépit de la décision de la justice qui a ordonné, hier, aux conducteurs de trains et agents de maintenance relevant de la Société nationale de transport ferroviaire (Sntf) de suspendre leur débrayage, les grévistes persistent dans leur mouvement de protestation.

«Nous avons tenu une assemblée générale juste après la décision de la justice. Nous avons convenu de poursuivre l’arrêt de travail jusqu’à la satisfaction de nos revendications socioprofessionnelles. Tous les travailleurs sont déterminés à faire valoir leurs doléances et rien ne peut les arrêter», nous a affirmé, ce matin, un délégué syndical. La paralysie quasi totale de la circulation ferroviaire continue.

Visiblement mécontents du verdict de la cour de Sidi M’hamed, les grévistes estiment que leur affaire a été traitée à la hâte en raison, disent-ils, de «pressions qui auraient été exercées sur une partie». D’ailleurs, l’avocate désignée par le bâtonnat pour défendre la cause des travailleurs s’est retirée au beau milieu de l’audience à la suite du refus de sa demande relative au report de cette dernière. «Nous n’avons pas compris les raisons qui ont poussé l’avocate que nous avons pourtant payée de notre poche, à se retirer. Le juge lui a dit qu’il ne pouvait reporter l’audience que d’une heure, arguant le fait que l’affaire a déjà été reportée dimanche. Ce n’est pas normal. Des pressions auraient été exercées pour liquider l’affaire», s’indigne notre interlocuteur.

Intransigeants et décidés à se faire entendre, les cheminots comptent durcir leur protestation «en faisant appel à tous les moyens possibles» afin d’atteindre leurs objectifs, à savoir l’augmentation des primes de kilométrages et de déplacements. D’autres travailleurs ont rejoint, depuis hier, le mouvement de protestation. Il s’agit, selon notre interlocuteur, des employés du service d’Exploitation d’Alger (chefs de trains, contrôleurs, chefs contrôleurs, KDTR, KPTR et agents de gare) ainsi que des travailleurs de la Sntf dans certaines wilayas du pays. «Agacés par la sourde oreille des responsables de la Sntf et l’indifférence de la Fédération nationale des cheminots (FNC), les travailleurs de Tlemcen, Souk Ahras, Annaba, Mohammadia (Mascara), Jijel, Tebessa, Biskra, Skikda, Constantine, Chlef, Bordj Bou-Arréridj, Beni Mansour, Thenia, Blida, Khemis Miliana et Béjaïa ont rejoint la grève. Les autres employés suivront également notre mot d’ordre», précise, confiant, le délégué syndical, rencontré à la gare de Belcourt. «Nous n’allons pas suspendre la grève, si les responsables ne daignent pas améliorer nos conditions de travail», ont souligné, à l’unanimité, les autres grévistes.

l Pour permettre la continuité de la circulation des trains, la direction de la Sntf a procédé au remplacement des travailleurs grévistes par d’autres employés. «La Sntf a fait appel aux chefs de traction (C-TRA), chefs de traction principale (C-TRAP) et chefs de réserves (C-RES) pour conduire les trains et non pas les retraités comme ont rapporté certains journaux. Mais ces derniers conduisent seuls, ce qui met les voyageurs en danger permanent. «Imaginez qu’un conducteur soit victime d’un malaise. ça sera une véritable catastrophe car il n’y a personne pour arrêter le train», a souligné un syndicaliste. La société a, selon lui, même fait appel à des manœuvres et d’autres ouvriers qui n’ont aucun lien avec la conduite. «C’est une infraction flagrante de la réglementation en vigueur», s’indigne un autre gréviste, rappelant l’erreur commise, samedi, par le conducteur de la ligne Oran-Chlef. Ordonné de continuer jusqu’à Alger, ce conducteur ne s’est pas arrêté à Romina (Aïn Defla). « Et si le train d’Alger-Oran s’était déplacé, une collision entre les deux trains aurait été inévitable et…ça aurait été la catastrophe», ajoute le syndicaliste.

A. H.

Snapap: un syndicaliste devant la justice

syndicat.jpgLa multiplication des problèmes dans le secteur de l’éducation n’est pas près de connaître une fin. Après une toute relative période d’accalmie, les poursuites judiciaires contre les syndicalistes de l’éducation continuent. Après avoir été condamné récemment à 20 000 DA d’amende suite à une plainte pour diffamation déposée contre lui par le wali de Béjaia, un syndicaliste du SNAPAP vient d’être encore une fois convoqué par la justice pour demain. Cette nouvelle convocation fait suite à une autre plainte déposée contre lui par la même personne et devra répondre du grief d’«usurpation de fonction» suite au conflit interne qu’a connu la section SNAPAP de Béjaia.

Contacté hier, M. Sadou s’est dit «étonné» par cette plainte qu’il qualifie «d’ingérence dans les affaires internes du syndicat» et qui constitue pour lui «un harcèlement et une provocation de plus». D’autant que, ajoute-t-il, cette affaire a été déjà classée comme une affaire interne par la chambre administrative de Béjaia. «J’ai moi-même déposé une plainte contre ce groupe de redresseurs et la chambre administrative l’avait classée comme affaire interne au syndicat» indique-t-il.

 

D’un autre côté, la situation de enseignants des lycées techniques demeure toujours confuse. Plusieurs d’entre eux, qui avaient reçu des affectations sont toujours sans travail depuis. Et ce, pour plusieurs raisons, entre autres, l’inexistence de poste au niveau du lycée vers lequel ils sont orientés, ou encore le refus de l’administration de leur faire signer leurs PV d’installation. Par ailleurs, aucun développement n’a été enregistré en ce qui concerne le cas des 26 enseignants en grève de la faim devant la maison de la presse. Ces derniers qui sont au bout de leur 14e jour attendent toujours un quelconque dénouement. La médiation entreprise par un groupe de députés entre ces derniers et la direction de l’éducation et le ministère de tutelle, n’arrive toujours pas à aboutir à un quelconque résultat. La direction de l’éducation les renvoie à chaque fois au ministère, et M. Khaldi, le chef de cabinet du ministre, qui les a reçus avant-hier, tout en leur a affirmant que «le problème est sur la voie de règlement», leur a signalé que «ça dépend du ministre». Ce dernier n’étant pas présent, les choses demeurent donc en l’état.

Boudjemâa M. Le Jour

 

Commentaire: j’assure mon ami Sadou de tout mon soutien.

Fonction publique / Grille des salaires: Colère syndicale

repression.jpgUne grève se dessine à l’horizon dans les secteurs notamment de l’éducation et de la santé, en signe de protestation contre les dispositions de la grille des salaires. Pour plusieurs syndicats, le salaire n’a pas été modifié, il est gonflé par l’inclusion des primes.

La nouvelle grille des salaires de la Fonction publique n’a pas été du goût de divers syndicats. L’ire des organisations syndicales du secteur de l’éducation, même en rangs dispersés, a entraîné, par effet de boule de neige, les autres syndicats à rejoindre le front de la protestation. En effet, la pomme de discorde semble être l’exclusion de ces partenaires sociaux dans l’élaboration de ladite grille, mais aussi la non-modification dans le traitement de base des salaires.
Dans une déclaration rendue publique hier, le Conseil des lycées d’Alger a mis en avant la nécessité de se mobiliser dans le cadre d’une intersyndicale. L’objectif, selo
n Redouane Osmane, secrétaire général de cette organisation, est de déterminer «de manière concertée le contenu de la plateforme de revendications ainsi que la forme de la protestation». Selon le CLA, l’élaboration de cette grille n’a pas fait l’objet de négociations avec les syndicats. «Le salaire n’a pas été modifié, il est gonflé par l’inclusion des primes», peut-on encore lire. Il est urgent, ajoute le communiqué, d’élaborer une plateforme de revendications et coordonner la protestation avec les autres syndicats.L’intersyndicale, constituée par le CLA, le Snapest, le Cnapest, le Satef et le Snapap, et dernièrement rejointe par la Fnte (affiliée à l’Ugta, a prévu pour aujourd’hui, une réunion de concertation. Celle-ci a pour but, de dégager les actions à mener par ces organisations, pour défendre leurs droits. Qualifiant de «trompe-œil» cette nouvelle mouture, les syndicats relevant du secteur de l’éducation pointent un doigt accusateur vers le gouvernement, en lui reprochant l’inclusion des deux plus importantes indemnités, en l’occurrence l’ISS et l’ICR dans le salaire de base. «Ils gonflent le salaire de base par les indemnités et ils nous disent qu’il est augmenté, ce n’est pas normal», avait déclaré récemment Meziane Meriane, SG du Snapest. Même son de cloche chez les paramédicaux. En effet, depuis Béchar, Ghardaïa et Tamanraset, ces derniers sont, eux aussi, montés au créneau. Ces syndicalistes ont exigé de l’actuel exécutif de revoir en amont et en aval cette nouvelle grille. «Celle-ci arrange seulement les fonctionnaires de l’administration.»
Pour sa part, le coordinateur du Cnes, Rahmani Abdelhak, a signalé que l’ordre du jour de cette réunion sera globalement axé sur la prochaine grève, prévue pour le 6 octobre. «Pourquoi agréer des syndicats pour ne pas les inviter dans des discussions relatives à leurs statuts», déplore-t-il.

S.B. Infosoir

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