Archive pour 'Syndicats en Algérie'

Nouar Larbi reconduit à la tête du CNAPEST

nopuar.jpgM. Nouar Larbi a été réélu au poste de coordinateur du Conseil national autonome des professeurs et enseignants du secondaire et technique (CNAPEST), pour un mandat de trois ans, à l’issue de son premier congrès tenu à l’ITE de Benaknoun les 9 et 10 juillet. « C’est un congrès démocratique et transparent », a déclaré M. Larbi lors de la conférence de presse qu’il a animée hier au siège du SNAPAP à Alger. Par ailleurs, le premier responsable du CNAPEST a souligné que le congrès s’est déroulé en présence d’un huissieur de justice, des représentants du ministère de l’Education nationale et de la société civile. L’orateur a affirmé que le bureau national du syndicat a connu un changement de plus de 50% de ses membres, avec l’élection de 7 nouveaux et la reconduction de 6 anciens. Parmi les membres qui n’ont pas été réélu figure Ali Lemdani, chargé de l’information et de la communication, et qui a été remplacé par Messaoud Boudiba.  

Des enseignants réprimés à Constantine

revolteflic1.jpgDes centaines d’enseignants affiliés au Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) de la wilaya de Constantine ont organisé, hier matin, un sit-in devant les locaux de la direction de l’éducation, rapporte le quotidien El Watan.  Un important dispositif de sécurité a été déployé tôt le matin au niveau des accès et des principales artères du quartier Coudiat, où se trouve le siège de l’académie.

Un dispositif répressif qui n’a pas empêché les enseignants de tenir leur rassemblement et de scander des slogans hostiles au directeur de l’éducation, Ahmed Guellil, accusé par les représentants du syndicat d’avoir « imposé son diktat sur le secteur ». Malgré le caractère pacifique de la manifestation, les protestataires ont eu à subir la furia de la police qui a usé et abusé de la matraque. Quinze arrestations ont été opérées parmi les protestataires, dont neuf membres du bureau de wilaya, ont indiqué des représentants du Cnapest.

UGTA: l’Union de wilaya d’Alger exige le départ de Djenouhat

djenouhat.jpgUn troisième rassemblement a été organisé, hier, devant le siège de la Maison du peuple, par des dizaines de syndicalistes affilés à l’UGTA pour demander le départ de Salah Djenouhat, responsable de l’union de wilaya d’Alger depuis maintenant onze ans ! « Onze ans barakat », ont scandé les contestataires.
Dans une motion adoptée à l’unanimité et qui sera remise au SG de l’UGTA, les syndicalistes de l’Union d’Alger font état d’une «situation organique désastreuse et catastrophique qui a généré toutes les suspensions, les exclusions, les intimidations, les désignations de responsables syndicaux sans élections, la délivrance de PV d’installation des structures syndicales dans des cafés, l’absence d’assemblées générales des cadres…». La déclaration fait également état de «la non tenue du congrès et des réunions de la commission exécutive de la wilaya d’Alger depuis onze ans, de l’exclusion et de l’étouffement des formes d’expression syndicales et l’absence d’une prise en charge des problèmes des travailleurs». «Il est appelé ainsi à l’instauration d’un comité des cadres syndicaux d’Alger qui va être à l’écoute des préoccupations des travailleurs dans l’attente de l’installation de la commission de préparation du congrès de l’Union par le secrétariat national de l’UGTA», lit-on enfin dans le document.

Pour rappel, lors du XIe congrès de l’UGTA, qui s’est achevé le 31 mars, les congressistes ont réélu Abdelmadjid Sidi-Saïd au poste de secrétaire général de la Centrale syndicale. Les assises ont été marquées par la création du poste de vice-président de l’UGTA. Un poste que convoite depuis Salah Djanouhat, député
du Rassemblement national démocratique (RND).
Commentaire:
En Algérie, on peut être député et syndicaliste à la fois. On adopte toutes les lois antisociales au niveau de l’APN et on proteste contre ces mêmes lois en sa qualité de syndicaliste. Une véritable Schizophrénie qui a atteint les syndicalistes version Sidi Said ! Les syndicaliste de l’UGTA d’Alger ont certes le droit de réclamer le départ de Djenouhat, mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant la tenue du 11ème congrès pour permettre à la base d’y participer. Les mêmes syndicalistes reprochent à Djenouhat d’avoir « renforcer les syndicats autonomes par sa gestion » ! Là au moins, ils ont le mérite de reconnaitre que leur syndicat n’est pas autonome ! El Mouhatarem

ALGÉRIE : Violente répression d’une manifestation syndicale

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme 

                                                              (OMCT-FIDH) 

                                                     Communiqué de presse  

Genève-Paris, le 22 avril 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a été informé de la violente répression dont a fait l’objet une manifestation pacifique des syndicats de l’administration publique le 15 avril 2008 à Alger, au terme de deux jours de grève. Plusieurs syndicalistes ont été violemment arrêtés et du matériel photographique et des tracts ont été saisis. 

Le 15 avril 2008, des membres de l’Intersyndicale autonome de la fonction publique [1] ont demandé à rencontrer le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, après deux jours de grève, afin de lui faire part de leur désaccord sur le projet de revalorisation des salaires, élaboré par le gouvernement sans consultation des syndicats. Les hommes des Unités républicaines de sécurité (URS) ayant empêché cette rencontre, les syndicalistes sont passés outre l’interdiction de manifester, en vigueur depuis 2001, et ont organisé un rassemblement sur la place de la Grande Poste, où ils ont exhibé des banderoles hostiles au gouvernement. Les policiers, pris de court, sont intervenus de façon musclée afin de s’emparer des banderoles, bousculant, insultant et prenant à partie les manifestants. Les forces anti-émeutes, appelées en renfort, ont chargé les manifestants et fait usage de leurs matraques, arrêtant sept enseignants en fin de matinée, qui ont finalement été relâchés dans l’après-midi. Une militante du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a été violemment prise à partie et M. Nouar Larbi, membre du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), a été traîné par la veste dans la rue, arrêté, puis immédiatement relâché sous la pression de ses collègues. Au total, 10 personnes ont été arrêtées, auditionnées puis relâchées quelques heures plus tard. Dans la mesure où la police a dressé des procès-verbaux de ces auditions, il est à craindre que des poursuites ultérieures soient engagées contre les manifestants arrêtés. 

L’Observatoire condamne avec la plus grande fermeté la répression de cette manifestation pacifique qui vise à restreindre les activités des syndicats et sanctionne l’exercice par des défenseurs des droits de l’Homme de leur droit à “promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales”, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme. 

Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités algériennes de cesser tout acte de répression à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, qui prévoit notamment en son article 6.b que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales, et par ces moyens et autres moyens appropriés d’appeler l’attention du public sur la question”. 

Enfin, l’Observatoire demande plus généralement aux autorités algériennes de se conformer, en toutes circonstances, aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme. 

Pour plus d’informations, merci de contacter : 

OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39 

FIDH : Gaël Grilhot : + 33 1 43 55 25 18 

[1] L’Intersyndicale autonome de la fonction publique regroupe le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEPM), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et la Confédération des enseignants contractuels algériens (CECA).

Des syndicalistes suspendus de l’UGTA

sidi.jpgAprès la suspension la semaine dernière du SG du syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation (SETE), Bekhouche Malek, l’Union de wilaya de Béjaia a procédé à la suspension du chargé de l’organique de l’union locale, Tarik Aïdli, et un membre du même SETE, Mazi Mahmoud. Les trois syndicalistes ont été suspendus pour des déclarations faites à la presse à l’issue du dernier congrès qu’ils ne se sont pas empêchés de qualifier d’antidémocratique. 

Sidi Saïd, haut fonctionnaire du Ministère du travail

Le congrès 2008 de l’UGTA à l’hôtel El Aurassi. Alors qu’il dispose d’un magnifique siège national qui s’appelait
la Bourse du Travail du temps de la colonisation. Une insulte aux travailleurs et en particulier aux travailleurs licenciés, aux chômeurs, à ceux qui vivent dans la précarité car le fruit de leur travail ne suffit plus à les nourrir.

Ce Congrès a atteint les limites du ridicule dans l’histoire du syndicalisme. L’UGTA, supplétif du ministre du travail, aux ordres du pouvoir, revendiquant une révision de la Constitution et un 3° mandat présidentiel. Un secrétaire général dont les frasques financières avec Khalifa font les gorges chaudes dans les salons d’Alger, dont la compétence à défendre les travailleurs est nulle. Et des participants accourant à la curée, qui député, qui sénateur, qui membre d’une assemblée locale, et tous quémandant une quelconque prébende, logement, terrain, commerce, mission …. Honte aux congressistes 2008 de l’UGTA. Cette étiquette leur restera longtemps collée à leur front, eux qui ont plébiscité un haut fonctionnaire.

Il reste que l’Algérie a bien changé. Loin est le temps où un chef d’Etat se déplaçait à
la Bourse du travail pour annoncer aux travailleurs des décisions historiques. Mais où sont donc les droits des travailleurs, les droits économiques et sociaux ?

L’avenir est maintenant chargé de lourds nuages pour le pays. Il n’est même pas sûr que Dieu saura nous protéger.

Par Kamel Daoud, militant des droits de l’homme.

Grève des lycéens: Portraits de délégués

Zoubida Lachelache : “Des professeurs ont commencé le programme par le dernier chapitre !”
Zoubida Lachelache, pas plus haute que trois pommes. Sous ses airs d’adolescente gâtée d’Alger-Centre, se cache une véritable jeune fille révoltée de 17 ans. Élève du lycée Sacré-Cœur filière langues étrangères, elle est chef de classe depuis sa 1re année secondaire. Zoubiba a été désignée par ses camarades de son établissement comme déléguée pour représenter son lycée.
Elle passe toute sa journée au téléphone en contact avec les délégués des autres lycées afin de planifier et gérer la mobilisation des terminales avec les autres camarades du secondaire. Se plaçant toujours au premier rang des manifestations et des rassemblements.
“Rien nous ne fait peur à part rater notre baccalauréat. Nous voulons rencontrer le ministre de l’Éducation nationale afin de lui transmettre notre plate-forme de revendications et négocier les cours à amputer du programme national. Le responsable de l’éducation dit que les sujets du baccalauréat porteront sur les cours réalisés, mais je ne sais pas s’il est au courant qu’il y a certains professeurs qui ont commencé le programme par les derniers chapitres. Comment comptent-ils unifier les sujets du bac dans ce cas-là ? Nous voulons que le ministre arrête dès maintenant la liste des programmes à réaliser pour nous éviter toute mauvaise surprise à l’avenir”, déclare-t-elle. Comme tous les lycéens, à la fin de l’après-midi, elle rejoint ses cours particuliers afin de ne pas perdre son temps.

Asma Trabsi  “J’ai exposé à Benbouzid…”
Si vous vous déplacez au lycée Bouattoura, vous verrez sa photo accrochée au tableau d’affichage de l’administration parmi les dix bons élèves de l’établissement.
Elle s’appelle Asma Trabsi, âgée de16 ans, filière sciences expérimentales. Elle a cumulé les bonnes notes depuis sa 1re année primaire jusqu’au 1er trimestre de sa terminale. Avec une bonne moyenne, elle se dit solidaire avec les autres élèves pour faire aboutir leur revendication.
Classée 6e de son lycée, elle a représenté ses camarades lors la visite du ministre de l’Éducation à l’établissement à la fin du 1er trimestre. “J’ai exposé au ministre le problème de la longueur du programme de terminale bien avant le début de la grève. Il m’a répondu en disant qu’il faut travailler de 18h jusqu’à 21h pour le finir”, a-t-elle raconté. Pour elle, les choses sont claires.
Pour bien avancer dans les révisions, il faut limiter le programme et être unis autour des mêmes revendications. “Nous sommes issus du système fondamental, on ne devrait pas être touchés par le programme de la réforme. Nous voulons simplement que Benbouzid écourte les leçons afin de nous donner notre chance d’avoir le bac”.

Ghiles Mammeri “Les lycéens veulent construire leur avenir  et celui de leur pays”
Sous ses airs de lycéen farceur se cache un bon élève. Il s’excuse tout le temps d’être parmi les plus jeunes. “Je suis âgé, je dois être dans la cour des grands”.
19 ans, voilà ce que signifie pour lui être âgé. Victime de l’année blanche qu’a connue la wilaya de Tizi Ouzou en 1994 en raison de la grève du cartable, sa famille l’a transféré à Alger, il était en 2e année primaire lorsqu’il a redoublé sa classe. Depuis cette année, il a décidé de se venger des études et de rattraper le retard perdu avec des bonnes notes et une moyenne pas moins de 13/20 durant toute sa scolarité. Délégué du lycée Zoubida-Ould-Kablia, dans la commune de Draria, Ghiles Mammeri a été élu, à main levée, par ses camarades pour défendre la cause des lycéens. “M. le ministre, je vous prie de prendre en considération nos revendications. Pensez aux élèves qui souffrent et qui veulent s’en sortir afin de construire leur avenir ainsi que celui de notre pays”, a-t-il déclaré.    

Rami Abou laïche “Le programme  est intéressant mais trop chargé”
Même parcours que les autres terminales. Rami est un bon élève, série Math technique au lycée Abelallah-Ben-Abbès à El-Biar. Délégué de son établissement, âgé de 17 ans, il revendique la suppression de certaines leçons. Il estime, pour sa part, que le programme des terminales est intéressant mais trop chargé.
Ce qui rend la compréhension difficile. Armé d’une détermination qui renforce tous ces jeunes lycéens, Rami est persuadé que le mouvement des terminales fera aboutir leurs doléances légitimes.
“Notre mouvement est spontané qui ne répond à aucune visée politique. Nous voulons simplement que le ministre prenne une décision rapide pour alléger le programme afin de préparer notre examen dans des meilleures conditions avant la date fatidique”, a-t-il dit.

Nabila Afroun, Liberté

Des lycéens menacent d’un autre mouvement de protestation

Les élèves de troisième année secondaire (ex-terminale) risquent de récidiver par un autre mouvement de protestation, annoncé pour le 2 février prochain. «Nous avons annulé celui annoncé pour demain et nous avons convenu d’une reprise du mouvement à partir du 2 février prochain», rapportent des lycéens venus hier à notre rédaction et se présentant comme des délégués des lycées d’Alger. Les adolescents annoncent une grève «illimitée» qui aura toutefois lieu dans leurs établissements respectifs. Autrement dit, pas de rassemblements dans la rue.

K. M.

Ce matin / Des centaines de lycéens dans la rue (infosoir)

marche7.jpgPour l’allégement des programmes
l Emboîtant le pas à leurs professeurs qui réclament un meilleur statut social, les élèves de terminale ont, aujourd’hui, dans une manifestation, réclamé l’allégement des programmes. Ceux-ci sont jugés trop volumineux, compromettant leur chance de succès au baccalauréat. 

Les élèves de terminale de plusieurs lycées du centre-ville de la capitale sont sortis, ce matin, dans la rue pour protester contre la charge des cours qui leur est imposée par les nouveaux programmes. Les rues Didouche-Mourad et Hassiba-Ben-Bouali ont connu une ambiance particulière avec des lycéens qui pressaient le pas en allant du côté de la place du 1er-Mai. Parallèlement, la police était en alerte : «Ils se dirigent vers
la Maison de la presse !», criera sur son talkie-walkie un agent qui a pris position à l’entrée de l’hôpital Mustapha-Pacha. Des centaines d’élèves des établissements du Sacré-Cœur, de Omar-Racim et de Ibn-Naas notamment se sont en effet rassemblés, dès 9 h du matin, devant
la Maison de la presse Tahar-Djaout, place du 1er-Mai. Les protestataires, très nombreux, tentaient d’approcher les rédactions des journaux, mais ils étaient empêchés par les policiers, en civil et en uniforme. Seule une délégation de trois lycéens a reçu l’accord de pénétrer dans
la Maison de la presse pour exposer ses doléances. Pourquoi s’adresser aux journaux ? «Nous ne savons pas à qui parler. Toutes les portes sont fermées devant nous. La direction du lycée ne fait que nous calmer. Nous n’avançons pas dans les différents programmes alors que les examens de fin d’année approchent», lance un groupe de lycéens de Omar-Racim. Les mécontents se recrutent parmi les candidats au bac en sciences naturelles, en lettres et langues étrangères. «Nous demandons l’allégement des programmes, de tous les programmes», déclarent-ils. «Nous avons le soutien de nos profs», ajoutent-ils en guise d’assurance. Le rassemblement observé à la place du 1er-Mai a donné lieu à des bousculades. Les lycéens, à forte majorité féminine, allaient dans tous les sens. Plusieurs d’entre eux ont été malmenés par la police. Vers 10h, ils se sont rassemblés devant l’entrée de l’établissement Ibn Naas de la place du 1er-Mai, ne sachant pas ce qu’il fallait faire. Auparavant, les lycéens du centre-ville ont été chassés de la rue Didouche. «Où l’on va, on nous chasse», affirme-t-on. En vertu de la loi sur l’état d’urgence, toujours en vigueur, les manifestations publiques sont soumises à autorisation préalable de l’administration. Depuis le 14 juin 2001 (la marche des ârchs), elles sont interdites dans la capitale. Cette sortie des lycéens coïncide avec le cycle de protestations engagé par les représentants des enseignants (CLA, Cnapest) qui contestent la nouvelle grille des salaires et le projet de loi sur l’orientation scolaire encore à l’étude.

Larbi Nouar. Coordinateur national du Cnapest à El Watan

nouar.jpg« L’augmentation de 6000 DA ne met pas à l’abri l’enseignant »

Larbi Nouar, coordinateur du Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), parle en exclusivité à El Watan des raisons ayant poussé le syndicat à recourir à ce débrayage.
- Parlez-nous des résolutions de la dernière session du conseil national…
- La session des 29 et 30 décembre 2007, à laquelle 37 wilayas ont participé, est une suite de la session ouverte du mois de novembre. Les questions du statut particulier, du siège national qui nous fait défaut, le mépris affiché par la tutelle à l’égard de la grève de Batna, ont été, avec la position de certains directeurs de l’éducation nous tournant le dos, les principaux points inscrits à l’ordre du jour. Notons qu’en marge de ce conclave, une commission a été chargée d’étudier les propositions du ministère inhérentes au futur statut particulier qu’on rejette catégoriquement. D’autant que la tutelle a occulté le fond du problème…
- Pouvez-vous vous étaler sur cette question (le fond du problème) ?
- Nos propositions concernant l’introduction de quatre catégories de professeurs n’ont pas obtenu les résultats escomptés. La tutelle n’a pas trouvé mieux que de s’appuyer sur l’ancien système (la loi 90-49 qui n’obligeait pas la tutelle à créer les postes pour les professeurs agrégés et professeurs chercheurs). Les mesures transitoires préconisées par la tutelle désavantagent les PEST ayant cumulé plus de 10 ans d’expérience. Le Cnapest ayant demandé à ce que le poste de professeur principal soit attribué à un enseignant ayant plus de 10 ans d’expérience, le professeur expert valorisera 17 ans de métier et l’excellence sera confiée aux enseignants ayant 25 ans et plus de métier, est déçu par les décisions de la tutelle tournant le dos à toute négociation sérieuse.
- Que reprochez-vous au nouveau statut ?
- Avec le nouveau statut, l’enseignant travaille avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Sachant que les nouveaux textes ont instauré des sanctions s’apparentant à des punitions. Une absence à une réunion du conseil de classe est considérée, désormais, comme une faute grave de 3e degré. Avec, en sus, une perte d’échelon et une mutation obligatoire. Le Cnapest, ayant demandé l’abrogation de la circulaire déniant le droit à tout fonctionnaire ayant fait l’objet d’une mutation temporaire à participer au mouvement, tombe des nues. D’autant que la tutelle a non seulement affiché une fin de non-recevoir mais vient de réinscrire cette dernière dans la nouvelle loi.
- Qu’avez-vous à dire à propos de la nouvelle grille des salaires ?
- Le Cnapest rejette le déclassement de professeurs techniques et des lycées techniques qui se retrouvent à la catégorie 10. Nous considérons que l’augmentation de 6000 DA brut ne répond pas à nos attentes, ne met en outre pas à l’abri du besoin l’enseignant. Le conseil national, qui attend une révision à la hausse du régime indemnitaire, est disposé à participer à l’élaboration de ce régime. Il refuse, en outre, le fait accompli comme cela a été le cas pour la grille des salaires. Nous sollicitons, à cet effet, l’intervention et l’arbitrage du président de la République, l’initiateur des réformes du système éducatif, n’ayant pourtant pas occulté la situation socioprofessionnelle des enseignants qui se dégrade de plus en plus.
Kamel Beniaiche

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