Archive pour 'Répression en Algérie'

« L’Etat de droit commence par la police »

C’est le slogan des campagnes menées annuellement par la police algérienne. Un autre slogan connu de la police: « S’instruire pour mieux servir ».

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Photo prise par Newpress lors d’une marche populaire à Alger

15 000 policiers seront recrutés par an !!!

Le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Tounsi a affirmé que pour mieux assurer la sécurité d’Alger, plus de 300 caméras de surveillance seront installées, dans les jours à venir, à travers les artères de la wilaya d’Alger. Ces appareils sont de dernière génération et fonctionnent à fibre optique.

Par ailleurs, Ali Tounsi a annoncé le recrutement annuel de pas moins de 15 000 policiers à partir de l’année en cours et ce en vue de rattraper le retard en matière d’effectifs que connaît son département. A ce propos, il a indiqué qu’avant la fin de l’année 2007, 12 000 hommes viendront en renfort des effectifs déployés au niveau des zones classées «prioritaires» comme la Kabylie et les wilayas frontalières.

Interdiction de l’avant-première d’un film de Jean-Pierre Lledo

lledo.jpgLa projection en avant-première du film « Ne restent dans l’oued que ses galets », du cinéaste d’origine algérienne Jean-Pierre Lledo, a été interdite mercredi à Alger. «La projection a été annulée sur ordre du directeur du Centre national du cinéma», a indiqué Jean-Pierre Lledo à l’AFP. Aucune raison précise n’a été donnée pour justifier cette décision qui lui a été communiquée par Mouloud Ouardane, responsable de la commission «Alger, capitale de la culture arabe 2007», une manifestation qui se déroule depuis le début de l’année. Le film devait être présenté dans le cadre de cette manifestation. Selon l’invitation adressée par Jean-Pierre Lledo, le scénario de ce film, qui a reçu une subvention du ministère algérien de la Culture, tourne autour de quatre personnages évoquant leurs voisins juifs et chrétiens absents, depuis leur départ d’Algérie après l’indépendance en 1962. «Le scénario a été accepté par la commission de lecture», a indiqué Jean-Pierre Lledo, qui affirme qu’il avait pour seule obligation de présenter son film en avant-première à Alger et d’en remettre ensuite une copie aux autorités.

AFFAIRE DE LA CITE U DE BAB-EZZOUAR La mise au point des «étudiants africains»

Pour plus de clarifications et dans le souci d’être objectif, je publie ce communiqué des étudiants africains mis en cause dans l’affaire de la CUB 3.

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par M. Mehdi
La « cellule de crise des étudiants africains » de la cité universitaire Bab-Ezzouar III, mise sur pied dimanche dernier, a tenu a donner sa version des faits des événements qui se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche 27 mai au cours desquels un étudiant algérien a été blessé lors d’une échauffourée avec des étudiants angolais.

Dans un communiqué de ladite cellule de crise, la « vraie version » de cette affaire peut être également vérifiée « auprès d’étudiants algériens de bonne foi ayant assisté à la scène qui s’est réellement produite ». Selon cette même source, la bagarre a éclaté lorsque, le vendredi 25 mai dans la soirée, un étudiant algérien s’est adressé à des étudiants angolais qui « écoutaient à une heure tardive de la musique avec un volume élevé » pour leur demander de « faire moins de bruit ». «Il y a eu échange d’injures et une bagarre a donc éclaté entre l’étudiant algérien et un étudiant angolais ». D’autres étudiants, algériens et angolais, se sont mis de la partie pour défendre leurs compatriotes respectifs, explique-t-on.

Après intervention d’agents de sécurité et d’étudiants algériens, lit-on dans le document, la situation s’est calmée et « des excuses ont été présentées par des étudiants angolais à l’étudiant algérien blessé ».

Omar Dialo, étudiant malien, membre de la cellule de crise, tient à démentir formellement la version du « tract » placardé à la Cité U dans la journée de samedi (dont une copie a été faxée avec le communiqué) qui raconte que l’étudiant algérien qui est allé vers les Angolais pour leur demander de baisser le son a été « déshabillé et filmé » et que la scène a fait le tour des téléphones portables. Selon Omar Dialo, même l’étudiant blessé réfute cette thèse.

Toujours selon la cellule de crise, le « tract », écrit en arabe, appelait à un rassemblement pour samedi à 19 heures « pour demander à l’administration de la Cité U de prendre des mesures sévères » contre les étudiants angolais. Mais la situation est allée au-delà d’un rassemblement. Puisque selon les étudiants africains, des « étudiants algériens malintentionnés » se sont rendus dans les chambres des Angolais « où ils ont brûlé tout ce qu’ils ont trouvé (ordinateurs portables, passeports, téléviseurs, vêtements…) et autres « scènes de pillage ». Le communiqué parle de « lynchage populaire » commandité par ces « étudiants algériens malintentionnés », mais évoque également « certains frères algériens » qui se sont interposés en « informant les étudiants angolais d’autres chambres de s’enfuir ». Le pire, selon eux, a été évité grâce à l’intervention de la brigade anti-émeute. Après ces deux versions, il reste à espérer que la direction de la Cité universitaire communique la sienne…

Violences et affrontements dans une cité universitaire à Bab Ezzouar (Alger)

Des blessés légers et plusieurs étudiants interpellés
Une nuit des plus mouvementées que celle que vient de vivre la résidence universitaire III (ex-CUB III) de Bab Ezzouar samedi dernier. L’affaire a pour détonateur l’agression subie par l’étudiant Salhi Khelifa, un étudiant vétérinaire, de la part d’un groupe d’étudiants angolais, durant la nuit de vendredi à samedi.
« Les « Africains » étaient en train de faire la fête dans leur chambre en faisant un grand boucan. Ils étaient ivres et avaient mis la musique à fond. L’étudiant agressé qui logeait à côté et qui préparait un examen leur a simplement demandé de faire moins de bruit », témoigne un étudiant en sciences politiques et résident au RUB3, avant de poursuivre : « Ils l’ont introduit dans leur chambre et l’ont passé à tabac. Le pire c’est qu’ils l’ont déshabillé et l’ont filmé nu avec leurs téléphones portables. Le lendemain, ils ont fait circuler le film dans le campus, à l’université de Bab Ezzouar. » A la résidence universitaire où nous nous sommes rendus hier, le chef de la sécurité confirme ces faits : « J’étais de service cette nuit-là. Vers 1h du matin, des étudiants sont venus me prévenir du passage à tabac d’un étudiant au pavillon L. Je m’y suis rendu en compagnie d’autres agents de sécurité. Et là, il y avait effectivement Salhi Khelifa qui était dans un état assez critique. Nous l’avons transporté à l’hôpital de Zemirli et nous avons prévenu la police qui a pris la situation en main. » Le lendemain, en guise de représailles, les amis de la victime assiègent littéralement le pavillon des agresseurs. « N’ayant pas trouvé les coupables, ils s’en sont pris à leurs vêtements qu’ils ont extirpés des armoires et brûlés », raconte le chef de la sécurité, avant de préciser : « En réalité, les Angolais se sont retranchés auprès de leurs compatriotes dans un autre pavillon. Les Algériens les ont poursuivis et monté un siège autour de ce pavillon. » Selon les étudiants, « à partir de 19h, il y a eu une forte mobilisation de la police antiémeute, armée de matraques, de boucliers et de bombes lacrymogènes. Dehors, plusieurs fourgons de police tenaient la cité en respect ». Un résident s’indigne : « La police a violé les franchises universitaires et l’intimité de nos chambres. » Vers 21h, la situation dégénère totalement. Les violences dureront toute la nuit. « Les policiers bastonnaient tout le monde. Les étudiants leur répondaient avec des pierres », témoigne-t-on. « Nous avons vécu cela comme une provocation. La police nous a considérés comme des voyous », fulmine un étudiant qui a pris part aux affrontements. « Nous étions dans l’incapacité d’évacuer nos blessés. Devant ces dépassements, nous avons alerté des partis politiques et d’autres organisations », souligne le porte-parole d’un collectif d’étudiants. Karim Tabbou du FFS et le secrétaire général de la LADDH répondront à l’appel. Hier, l’état de certaines chambres muées en champ de bataille témoignait encore de la violence des émeutes estudiantines. Bilan de cette nuit agitée : plusieurs étudiants blessés et 13 à 14 arrestations. Nous avons appris à la résidence universitaire III que les étudiants interpellés ont tous été relâchés hier en fin de journée.
Mustapha Benfodil

Le FFS condamne la « répression » policière
Le premier secrétaire du FFS condamne la « répression policière sauvage » des étudiants de la cité universitaire Cube III, à Bab Ezzouar.
Contacté hier, Karim Tabbou, qui s’est rendu sur les lieux au moment des affrontements en compagnie d’une délégation du parti, estime que l’intervention des services de sécurité était disproportionnée. « J’ai vu comment les étudiants ont été chassés, violentés, tabassés et maltraités par les services de sécurité », atteste-t-il. M. Tabbou parle aussi d’arrestations, de coups et blessures et de violation des franchises universitaires. Tout cela s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche. « J’étais sur place jusqu’à 3h », souligne-t-il comme pour dire qu’il a tout vu de ses propres yeux. Pour lui, « cette expédition punitive menée contre la communauté universitaire, et ce, malgré la disponibilité du comité des étudiants à dénouer la crise, est la preuve de l’absence de toute volonté au niveau du Pouvoir de laisser s’installer les médiations autonomes et pacifiques ». Appelant les étudiants à « rester vigilants » et à « engager des luttes pacifiques », le FFS exige, dans une déclaration rendue publique hier, la « libération immédiate et inconditionnelle » des étudiants arrêtés. « Notre présence sur place était à la fois une réponse aux appels de détresse des étudiants, mais aussi pour exprimer notre solidarité avec toutes les luttes estudiantines et de la communauté universitaire », soutient encore M. Tabbou.
M. A. O.

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