27 septembre, 2007
Un calendrier pour la généralisation de l’enseignement de tamazight
La situation de l’enseignement de la langue amazigh est inquiétante.
A la place d’une politique ambitieuse et résolue visant la promotion de cette langue plusieurs fois millénaire, les pouvoirs publics donnent l’impression de reculer sur leurs engagements.
L’affaiblissement du mouvement culturel amazigh, le relâchement de la mobilisation populaire et l’absence d’un projet national intégré et intégrateur semblent redonner de tonus à des forces qui s’entêtent à vouloir immobiliser la marche irréversible de l’histoire.
A ce titre, les avancées arrachées de hautes luttes sont plus que jamais tributaires de l’engagement, de la vigilance, et de l’effort constant des militantes et des militants de tamazight et de la démocratie.
Car, à bien observer, les pouvoirs publics n’affichent pas encore des intentions sincères au sujet de la réconciliation des algériennes et des algériens avec leur histoire, leur identité, leur héritage culturel et leurs langues maternelles.
La suppression arbitraire de 35 postes budgétaires alloués à l’enseignement de tamazight dans la wilaya de Bouira vient à juste titre confirmer les appréhensions de beaucoup de militants et praticiens de cette langue. En effet, face à l’exigence de la généralisation de l’enseignement de tamazight qui réclame un encadrement en très grand nombre, la direction de l’éducation de cette wilaya prend la décision irresponsable de mettre des enseignants de tamazight en chômage.
A plus d’un titre, cette action est scandaleuse. Elle interpelle le pouvoir politique sur sa responsabilité quand à la promotion d’une identité nationale apaisée et apaisante, unie et unifiante, source de fierté nationale et moyen privilégié de mobilisation d’une population qui s’engouffre de plus en plus dans l’indigence intellectuelle et morale.
Elle interpelle les syndicats et les organisations des travailleurs de l’éducation qui ont le devoir de solidarité avec des enseignants qui se retrouvent sans salaires en plein ramadhan et à la veille de l’aîd.
Elle interpelle, aussi et surtout, l’ensemble des défenseurs de tamazight pour qu’ils actualisent leurs engagement, leurs visions et leurs stratégies de lutte.
Pour ce faire, il est primordial de sortir de la conception virtuelle de la lutte et de considère tamazight dans sa réalisation quotidienne et dans ses potentialités à replacer comme un instrument privilégie du développement et du progrès, en ayant un regard lucide sur la période historique qu’elle travers.
Le passage du pourquoi réhabiliter tamazight au comment et avec quel moyen le faire est une exigence stratégique en ces moments d’incertitudes et de troubles.
Plus que jamais, nous avons le devoir de veiller sur le bon déroulement de son enseignement, sur la promotion de sa production intellectuelle et culturelle, et de combattre avec sérénité, audace et responsabilité, les entraves qui se dressent devant son épanouissement.
Les pouvoirs publics doivent admettre, une fois pour toute, que face à une situation exceptionnelle telle que la réhabilitation d’une langue aussi vieille que l’humanité, il y’a l’impératif d’apporter des réponses qui soient à la hauteur de ce défi historique dont l’Algérie ne sortira que grandi.
A cet effet, on ne peux, raisonnablement, considère de la même manière l’enseignement de langues prises en charge depuis l’indépendance telles l’arabe et le français et une langue qui revient de loin, réprimé des décennies durant. Pis, faire en sorte que l’enseignement de cette langue se retourne contre elle, dans un calcul machiavélique sans dignité, peut être préjudiciable non seulement pour cette langue, mais surtout pour le pays qui peut sérieusement en pâtir.
Le moment est très sensible. L’impératif de la cohésion nationale et une condition essentielle à la stabilité de l’Etat. Tergiverser sur des choix qui garantissent l’avenir démocratique de la nation relève de la mauvaise gouvernance.
A la place de l’hésitation ambiante, il faut que l’enseignement de tamazight bénéficie d’une attention particulière. Il est impératif de le doter de structures spéciales, capables d’audaces et de résultats, tant au niveau du ministère de l’enseignement supérieur, du ministère de l’éducation nationale, que celui de la formation professionnelle
A titre indicatif, les départements de tamazight de Tizi-ouzou et de Bejaia, crées suite au rassemblement historique du 25 janvier 1990, doivent accéder sans tarder au statut d’instituts. Tout retard dans cette voie est synonyme de mauvaise volonté. Car, noyés dans des facultés aux traditions anciennes et aux problèmes multiples, ces départements ne peuvent remplir des missions à la hauteur des ambitions de leurs cadres, de leurs enseignants et étudiants, mais aussi de la société qui attend beaucoup de ces foyers du savoir et de la connaissance. Le statut d’institut, garantissant l’autonomie financière et des espaces de recherches plus étendus, ne sera que profitable pour tamazight.
Au niveau de l’éducation nationale, il est urgent, après l’institution du centre pédagogique et didactique pour l’enseignement de tamazight, de créer dans les directions des wilayas des services propres pour l’enseignement de tamazight, avec des moyens suffisants et des prérogatives claires.
Dans cet optique, le principe d’ouverture des postes budgétaires pour l’enseignement de tamazight doit répondre à un seul et unique critère : « Le nombre de postes budgétaires doit être égale au nombre des licenciés sortants de l’université ».
Car, en ce moment historique crucial dans la vie de notre langue, il est criminel de laisser des licencies et des enseignants en chômage alors que tamazight a affreusement besoin de leur apport. A ce sujet, il est utile de prévoir pour les garçons, un service national de forme civile.
En outre, si dans les grandes villes d’Algérie, et dans d’autres villes qui le souhaitent, il y’a lieu de créer des classes pilotes pour l’enseignement de tamazight, avec bien sûr, des directeurs qui soient d’une âme algérienne, dans les régions berbérophones, il est temps de se pencher sur le calendrier de la généralisation de l’enseignement de cette langue.
Pour bien cerner cet objectif, et en ciblant pour la première étape les wilayas de Bejaia, Tizi-ouzou et Bouira, un colloque traitant de la question de la généralisation de l’enseignement de tamazight à tous et à tous les niveaux est plus que nécessaire.
L’association des enseignants de tamazight peut s’atteler dés à présent à la préparation de cette rencontre en collaboration avec des associations et des institutions en mesure d’apporter leurs contributions.
Brahim Tazaghart, animateur du MCB et auteur.
Commentaires(1)
Il a fallu que le Peterson Institute rende publique l’information pour que les Algériens le sachent. Environ la moitié de leurs réserves de change sont placées en bons du Trésor américain chez l’Oncle Sam ! 43 milliards de dollars d’après cette source et cette opération de « placement a débuté en 2000. c’est-à-dire un an après l’arrivée de Bouteflika au pouvoir. En sept ans, il n’en n’a jamais informé le peuple algérien. C’est encore une fois la preuve du mépris à l’égard des Algériens. Les Américains, Bush, Cheney , Rice et compagnie le savent et le « ghachi » local est maintenu dans l’ignorance. Pourquoi, placer cettte somme colossale là-bas et pas dans des banques suisses, japonaises ou européennes ? Plus sûres, au demeurant, surtout si cette somme est convertie en un panier de devises pour palier aux aléas de cette monnaie de singe qu’est le papier dollar. Evidemment, c’est trop demander aux Chakib Khellil et consorts, eu égard à leurs liens supposés ou réels avec l’administration américaine.
« On ne sait pas ce qui s’est réellement passé et on ne le saura pas, de toute évidence. Parce que ceux-là même qui superviseront l’enquête sont les premiers suspects. Cet attentat semble porter leur signature. Ce qui est certain, c’est que des milieux qui disposent de grands moyens et d’une liberté de mouvement ont décidé de replonger l’Algérie dans une dynamique de violence. Qu’ils soient des terroristes islamistes ou des terroristes « sécuritaires ». Il serait intéressant de savoir comment les auteurs de l’attentat ont fait pour piéger le véhicule de la victime. L’article nous dit que la bombe a explosé à l’intérieur même de la voiture. Il nous apprend aussi que la bombe a explosé au moment où Kertali faisait démarrer son véhicule, après avoir accompli sa prière du fajr à la mosquée. Donc, il était venu à bord de son véhicule, et c’est lorsqu’il faisait sa prière que la bombe a été installée et probablement connectée sur le dispositif de démarrage. Tout ça parait très troublant. Si les auteurs étaient des islamistes, n’aurait-il pas été plus facile pour eux de l’attendre à la sortie et de l’abattre? Plutôt que de prendre le risque d’être surpris pendant qu’ils piégeaient le véhicule? De plus, comment ces gens qui ont placé la bombe et qui, par conséquent, sont des spécialistes en la matière, n’ont-ils pas placé une charge suffisante pour tuer leur victime sur le coup? Il y a aussi le fait que Larbaa est une petite ville et qu’à l’heure du fajr, aux aurores, il n’y a pas beaucoup de monde dans la rue. Des étrangers seraient vite repérés, surtout s’ils perdent leur temps à placer une bombe. A moins que celle-ci n’ait été placée beaucoup plus tôt, la veille par exemple, et qu’elle a été actionnée à distance au moment où Kertali s’est mis au volant. Et dans ce cas, il devient très difficile d’expliquer comment des islamistes auraient pu disposer d’une liberté de mouvement aussi grande. »




